HAITI/ ÉCONOMIE
Mon amour, mon geôlier
La situation économique d’Haïti continue de se détériorer malgré le « budget de guerre » annoncé par le gouvernement. Loin d’apporter une solution à la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis plusieurs années, les violences des gangs ont des répercussions économiques considérables.
Une évaluation du ministère de l’Économie et des Finances réalisée en décembre 2024 avait déjà estimé les pertes à plus de 9 milliards de dollars. En raison de la persistance de la crise, ces chiffres ont encore augmenté : en juin 2025, ils avoisinent désormais 10 milliards de dollars, selon l’économiste Kesner Pharel.
Presque tous les secteurs économiques sont paralysés. La dernière croissance positive du pays remonte à 2017. Depuis 2018, une succession d’événements crise politique, inflation galopante (+15 %), pillages et incendies d’entreprises, dépendance aux importations (+70 %) et hausse du taux de change (passé de 45 à 78 gourdes entre 2014 et 2018) a aggravé le ralentissement économique.
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