Crise sécuritaire : les bandits de Canaan lancent des assauts contre la commune de La Chapelle
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Quelques jours après l’assaut fulgurant de la commune de La Chapelle par des hommes armés affiliés au gang Talibans de Canaan, la situation reste critique et l'État toujours absent. Cette attaque, survenue à l’aube du dimanche 22 juin, illustre la lente mais inexorable progression des groupes criminels dans les zones autrefois paisibles du pays.
En effet, La Chapelle s’ajoute désormais à la liste noire de plus de 20 zones sous le contrôle de gangs armés. La commune, située dans le Bas-Artibonite, rejoint ainsi d’autres localités livrées à elles-mêmes, face à une police débordée et à des institutions silencieuses.
Cette attaque serait également liée, selon le maire Fonrose, au déploiement récent de l’UTAG dans la commune, ce qui aurait été perçu comme une menace directe par les chefs de gangs regroupés dans la coalition criminelle Viv Ansanm, dirigée par le tristement célèbre Jimmy « Barbecue » Chérizier.
Selon le maire de la commune, Robinson Dieuseul Fonrose, les assaillants ont coordonné une opération d’envergure, bloquant toutes les voies d’entrée et de sortie, piégeant ainsi des centaines d’habitants. « Ils contrôlent désormais toute la commune. Ceux qui sont à l’intérieur n’ont aucun moyen de sortir », a-t-il ajouté.
« Le commissariat local, qui abritait notamment des agents de la Brigade d’Intervention Motorisée et de l’Unité Tactique Anti-Gang, a été incendié. Plusieurs maisons et véhicules ont également été réduits en cendres. Pris de court, une dizaine de policiers présents sur les lieux n’ont eu d’autre choix que de fuir pour échapper à la mort. »,
Des accusations internes à la PNH mettent en cause l’inspecteur Pierre Jean Philippe, alors responsable des jeunes policiers de la BIM à La Chapelle. Il est soupçonné d’avoir facilité l’infiltration des gangs dans la zone. Son arrestation récente aurait permis la saisie de son téléphone portable, où des éléments compromettants révèleraient sa collaboration active avec les criminels. En outre, plusieurs policiers affirment que cet inspecteur faisait systématiquement libérer les bandits arrêtés, renforçant ainsi l’emprise des groupes armés.
Par ailleurs, d’après des informations obtenues par la mairie, les autorités avaient pourtant été alertées dès le 19 juin d’une attaque imminente. Aucun déploiement préventif n’a été effectué. Ce silence, doublé d’une absence de réaction officielle du Conseil Présidentiel de Transition, du Bureau du Premier ministre ou encore de la Direction générale de la PNH, alimente le désespoir et la colère de la population.
Vladimir Predvil
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