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Des signataires de l'accord du 21 décembre lancent un appel d'urgence à la communauté internationale et aux acteurs nationaux pour redresser la transition

Des signataires de l'accord du 21 décembre lancent un appel d'urgence à la communauté internationale et aux acteurs nationaux pour redresser la transition

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Face à ce qu’ils qualifient de «catastrophe nationale», plusieurs signataires de l'accord du 21 décembre tirent la sonnette d'alarme. Dans une note rendue publique ce samedi, André Michel, Sorel Jacinthe, Novia Augustin, Abel Descollines et d'autres acteurs politiques dénoncent l’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT), quatorze mois après son entrée en fonction.

Les signataires expriment leur profonde inquiétude face à l’aggravation de la crise multidimensionnelle qui secoue toutes les couches de la société haïtienne. Ils appellent la communauté internationale à jouer un rôle de médiation dans le cadre d’un dialogue national visant à redresser la transition politique, dont l’échéance est fixée au 7 février 2026.

Selon les auteurs de la note, l’heure est venue pour chaque partie prenante de dresser un bilan objectif du processus engagé, conformément aux intérêts supérieurs de la nation. Ils rappellent à cet effet l’article 17 de l’accord du 3 avril 2024, qui définit les grands axes de la transition : sécurité publique, relance économique, réhabilitation des infrastructures, sécurité alimentaire et sanitaire, organisation d’une conférence nationale, réforme constitutionnelle et tenue d’élections.

Cependant, les membres du groupe constatent que l’arrivée du CPT au pouvoir n’a en rien amélioré la situation sécuritaire et politique du pays. Citant des données de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) et de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), ils peignent un tableau sombre : promesses non tenues, missions abandonnées et gouvernance inefficace.

Selon l’OIM, Haïti compte désormais un nombre record de 1,3 million de déplacés internes, en raison des actions violentes perpétrées par le groupe armé «Viv Ansanm » et ses alliés. Le phénomène, initialement concentré dans l’Ouest et l’Artibonite, s’étend aujourd’hui au Centre, où près de 147 000 personnes ont fui les violences à Mirebalais et Saut-d’Eau.

Sur le plan économique, le constat est tout aussi alarmant, un taux d’inflation de 26,8 % en avril 2025, une croissance économique négative de -2,5 % au premier trimestre, et une chute des investissements privés estimée à -36,3 % pour l’année en cours, selon l’IHSI.

Dans un tel contexte, les signataires jugent irréalisables l’organisation d’un référendum constitutionnel et la tenue d’élections. Ils plaident pour un dialogue urgent et inclusif entre tous les secteurs vitaux du pays, avec l’appui de la communauté internationale, afin d’aborder les questions essentielles pouvant permettre de redresser la transition. Ils concluent en rappelant que la transition est dans sa phase finale, et que s’il faut la sauver, le moment d’agir est maintenant.

Oberde Charles

 

 

 

 

 

 

 

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