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Dominicains kidnappés : le ministère de la Défense dominicaine n’est pas informé de l’envoi des équipes antiterroristes en Haïti

Dominicains kidnappés : le ministère de la Défense dominicaine n’est pas informé de l’envoi des équipes antiterroristes en Haïti

Alors que certains médias dominicains ont informé de l’envoi possible des équipes antiterroristes en Haïti pour secourir les dominicains kidnappés, le ministère de la Défense dominicaine rejette, de son côté, cette information. Si l’ancien ambassadeur d’Haïti en terre voisine, Edwin Paraison pense que toute intervention militaire en Haïti peut déranger les relations bilatérales, le professeur en droit international public, James Boyard croit que toute négociation pour une intervention en Haïti va à l’encontre de la Constitution haïtienne.

Le dossier des deux dominicains kidnappés en Haïti samedi dernier continue de faire des remous tant dans la presse dominicaine qu’haïtienne. En effet, plusieurs médias dominicains, dont le journal Acento, ont rapporté que des équipes de l'Unité de lutte contre le terrorisme (UCT) du ministère de la Défense dominicaine ont été dépêchées au point de passage de Jimaní avec pour mission de secourir les Dominicains qui ont été enlevés en Haïti.

En effet, d’après le journal El Nacional, le ministère de la Défense dominicaine a révélé qu’il ne peut pas confirmer ces informations relayées par certains médias selon lesquelles la République dominicaine a envoyé des équipes antiterroristes en Haïti pour secourir les Dominicains kidnappés en Haïti. «Je n'ai aucune information à ce sujet. Il n'y a aucune information officielle », a déclaré mardi la journaliste Mariela Caamaño, conseillère en communication de cette agence d'État, selon ce qui est rapporté par le journal.

Joint par téléphone ce mardi 23 février 2021, Edwin Paraison, directeur exécutif de la fondation « Zile », a fait savoir que le rejet de cette information par le ministère de la Défense dominicaine a créé la confusion. Nous (fondation Zile) regardons avec beaucoup de réserves, toute option, toute alternative d’opération militaire dans ces présents moments. Nous pensons que cela va déranger les relations binationales, bilatérales. Donc, Il faut continuer avec la voie diplomatique et il faut pousser les autorités haïtiennes à prendre le cas en main ».

Si d’un côté M. Paraison croit qu’on doit prioriser les pourparlers diplomatiques dans le cadre de dossier, d’un autre côté l’on se demande, par apport au cadre légal, si de possibles interventions des forces armées dominicaines sur le territoire haïtien seraient envisagées. Dans une interview accordée au journal Le National et la Radio Télévision Pacific ce mardi, James Boyard, professeur en droit international public à l’Université d’État d’Haïti (UEH), a apporté certaines explications en rapport avec le dossier.

« Avec l’émergence de la criminalité transfrontalière organisée, les pays sont plus enclins à développer une coopération opérationnelle en matière de police. La coopération opérationnelle, c’est quand deux forces de police de deux pays différents se mettre ensemble pour planifier et exécuter des opérations conjointes sur l’une ou l’autre territoire des deux pays », a fait savoir M. Boyard qui précise que la République dominicaine peut formuler cette demande dans le cadre d’une coopération pour permettre à une unité spécialisée en prise d’otage de la Police dominicaine d’intervenir en Haïti afin de libérer les deux citoyens dominicains kidnappés.

Pour implémenter cette coopération opérationnelle, dit le professeur, il faut une négociation entre les deux pays concernés. « Quand une force de police ou armée étrangère intervient sur un territoire d’un autre pays en dehors d’une autorisation des Nations unies, cela va être perçu comme un acte attentatoire non seulement à la réputation du territoire d’intervention, mais aussi à l’orgueil national du pays », a précisé le professeur.

Plus loin, il a fait savoir si les deux pays décident de négocier, cette coopération opérationnelle ne peut se faire de manière unilatérale. En ce sens, il a indiqué qu’Haïti peut réclamer le principe de la réciprocité permettant, par exemple, à une unité spéciale de la Police nationale d’Haïti d’intervenir sur le territoire dominicain.

Par ailleurs, le professeur a émis certaines réserves relatives à l’article 8.1 de la Constitution haïtienne disant que le territoire de la République d’Haïti est inviolable. Il ne peut être aliéné ni en tout ni en partie par aucun traité ou convention, a fait savoir le professeur ajoutant que si le gouvernement accepte l’idée d’intervention, ce serait un accroc à la Constitution haïtienne.

Pour inciter le gouvernement haïtien à accepter une possible intervention dominicaine sur le sol haïtien, le professeur pense que la République dominicaine peut proposer l’extradition de l’ancien de maire de Port-au-Prince, Youri Chévry qui se trouve en territoire voisin. Pour l’instant, on n’est pas encore là.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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