Le RNDDH dénonce les conditions de détention inhumaines dans plusieurs commissariats à travers le pays
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Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a publié un rapport dans lequel il dénonce les conditions dégradantes dans lesquelles plus de 200 personnes sont détenues ou retenues dans les cellules de garde à vue de dix commissariats à travers le pays. La majorité de ces individus subissent de graves violations de leurs droits et de leur dignité ,leurs dossiers restent sans suite judiciaire, ils n'ont pas accès à une alimentation adéquate, dorment dans des conditions déplorables et sont exposés à des maladies contagieuses, selon les révélations de l’organisation.
Face à ce rapport accablant sur les conditions de détention dans les commissariats, le RNDDH appelle les autorités concernées à auditionner sans délai les personnes arrêtées qui n'ont jamais eu la possibilité de comparaître devant un juge. L’organisation rappelle qu’il est inacceptable que certains individus, arrêtés pour de simples infractions ou en attente de jugement correctionnel, soient maintenus en garde à vue pendant plusieurs mois, voire plus d’une année, alors que la Constitution haïtienne en vigueur stipule qu'une personne ne devrait pas rester en garde à vue plus de 48 heures.
Cette enquête pousse les responsables du RNDDH à exiger des autorités judiciaires qu’elles transfèrent les personnes condamnées vers les établissements pénitentiaires en activité, afin qu’elles purgent leur peine conformément à la loi et dans le respect de leurs droits fondamentaux. Concernant les infrastructures carcérales, le RNDDH demande également un nettoyage rigoureux de ces lieux afin de prévenir la propagation de maladies infectieuses et contagieuses.
Dans son rapport, le réseau souligne qu’une cellule prévue pour accueillir 10 personnes en héberge souvent entre 40 et 50. L’étude menée indique qu’en moyenne, 36 individus sont enfermés dans chaque cellule de 8 des 10 commissariats évalués. Des chiffres jugés alarmants par l’organisation, qui déplore le non-respect total de la liberté et de la santé des personnes détenues.
Parmi les recommandations urgentes, le RNDDH insiste pour que le ministère de la Justice et de la Sécurité publique installe l’électricité dans ces espaces et rouvre la prison civile de Pétion-Ville, afin d’y transférer les prisonniers en attendant la reconstruction des infrastructures détruites. L’organisation souligne également la nécessité de fournir une alimentation régulière aux détenus des commissariats, car l'absence de nourriture complique davantage le travail de la police.
Parmi les commissariats les plus préoccupants cités dans le rapport figurent celui de Tabarre, où 41 personnes sont entassées dans deux petites cellules ; celui de Port-au-Prince, qui compte 61 détenus, dont 10 femmes et 51 hommes répartis dans cinq cellules ; celui de Delmas 33, avec 68 détenus dans quatre cellules ; et enfin celui de Pétion-Ville, qui héberge 48 individus dans deux cellules.
Oberde Charles
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