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Crise haïtienne : la communauté internationale exprime ses inquiétudes

Crise haïtienne : la communauté internationale exprime ses inquiétudes

Si la réunion spéciale du Conseil de sécurité sur la situation d’Haïti a été l’occasion pour Jovenel Moise de tirer à boulets rouges sur l’opposition, pour certains représentants des pays comme les États-Unis, le Canada et la France, c’était le moment de questionner ses réalisations effectives et ses obligations en sa qualité de chef de l’État.

Jeffrey DeLaurentis, représentant suppléant par intérim des États-Unis auprès de l’ONU pour les affaires politiques spéciales, a d’entrée de jeu, parlé des élections qui n’ont jamais été réalisées par Jovenel Moise durant son mandat présidentiel, en dépit des appels des membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Sans tenir compte des mobilisations contre le pouvoir en place, l’ambassadeur Jeffrey DeLaurentis a tenu à faire savoir au président Jovenel Moise que c’est le rôle de son gouvernement de créer une atmosphère propice à des élections libres et équitables.

L’intervention de Jeffrey Laurentis prouve que les États-Unis sont préoccupés par la gouvernance par décrets. Selon les États-Unis, les décrets devraient se limiter aux actions nécessaires aux fonctions essentielles à la sécurité et à la conduite des élections. Pourtant, d’après l’ambassadeur, les récents décrets pris par Jovenel Moise, visant à retirer et nommer unilatéralement trois juges de la Cour de cassation, à créer une agence nationale de renseignement et à restreindre le rôle de la Cour des comptes risquent de porter atteinte aux principales institutions démocratiques d’Haïti.

Les États-Unis exigent des autorités haïtiennes un redoublement d’efforts pour enquêter et poursuivre les crimes violents, y compris la violence sexuelle et sexiste, pour renforcer les pratiques de police communautaire et pour protéger les droits humains des résidents des quartiers contrôlés par les gangs. Selon eux, il y a un manque permanent de responsabilité pour les violations et abus des droits humains, citant en exemple les responsables des massacres dans les quartiers populaires, et les assassins de Me Monferrier Dorval qui profitent du de l’impunité en Haïti.

En ce qui concerne le pouvoir judiciaire, les États-Unis continuent de plaider pour son indépendance, sa crédibilité et son efficacité. Les décrets exécutifs sapent le pouvoir judiciaire et les grèves intermittentes des principaux acteurs judiciaires continuent d’affecter négativement le fonctionnement du pouvoir judiciaire. La République étoilée aimerait voir un secteur judiciaire pleinement opérationnel et essentiel pour assumer l’impunité et la corruption, et pour réduire les niveaux endémiquement élevés de détention provisoire prolongée.

Quant à la représente de la France, elle a indiqué que son pays observe avec une grande inquiétude ce qui se passe en actuellement en Haïti. Les dispositions non soutenables du gouvernement en place, dont la publication de décrets, dont celui renvoyant de renvoi de trois juges inamovibles inquiète encore plus l’Hexagone. Selon les autorités françaises, pour qu’Haïti retrouve le chemin de la stabilité, trois conditions sont essentielles : sécurité minimale pour la tenue des scrutins dans des conditions satisfaisantes, accélération de la distribution des cartes d’identification afin de garantir une participation large, l’établissement d’une juridiction électorale crédible pour que les élections soient acceptées de tous. À l’instar du représentant des États unis, la représentante de la France a également questionné le président sur les responsables des massacres de la Saline qui sont encore en liberté. La multiplication des gangs armés, l’enquête sur la mort de Me Monferrier Dorval sont d’autres préoccupations pour le gouvernement français.

Le représentant de la Chine a fait savoir que les Haïtiens semblent avoir perdu confiance en l’avenir. Le gouvernement est à la base de ce désespoir. En ce sens, il conseille aux dirigeants politiques de prioriser le consensus, de prendre leur responsabilité afin d’assurer la stabilité du développement en Haïti. Qu’il s’agisse du Royaume-Uni, du Canada, la Russie, l’Irlande, l’Inde, Saint-Kitts et Nevis, etc., les différents représentants des pays inscrits à la séance spéciale sur la situation d’Haïti ont tous abordé la question d’Haïti avec beaucoup de préoccupation. Selon eux, l’impasse politique qui perdure, la situation humanitaire qui se détériore, la prolifération des gangs armés sur le territoire et l’augmentation des cas de kidnapping sont un ensemble d’événements qui minent la stabilité du pays et mettent en péril la vie des Haïtiens. À titre de conseil et d’exhortation, ils invitent le pouvoir et l’opposition à mettre de côté leurs différends politiques et d’engager un véritable dialogue qui pourra sortir le pays de l’impasse à laquelle il se trouve.

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