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Informer ou survivre, le dilemme des journalistes haïtiens

Informer ou survivre, le dilemme des journalistes haïtiens

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La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse en Haïti se fait sur fond de multiples crises. Les médias et les membres de la corporation journalistique sont pris en étau, entre le désir d’exercer leur profession et la tentation de l’abandon.

La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée cette année autour du thème : « Informer dans un monde complexe : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias ». Une thématique qui tend à rappeler l'influence croissante de l’IA sur la liberté d’expression tantôt en la favorisant, tantôt en la restreignant et l’urgence de façonner cette technologie dans le respect des droits humains, en donnant la priorité aux faits.

Dans un pays comme Haïti, en proie à une spirale de violence, le travail de la presse devient chaque jour plus périlleux. Le dernier classement de Reporters sans frontières en témoigne : Haïti est désormais classée à la 112e position, perdant 18 places par rapport à l’année précédente. Cette chute s’explique par l’instabilité politique et économique, qui plonge financièrement les médias dans le chaos.

Outre les pertes de revenus publicitaires, la presse haïtienne fait face à une série de menaces sans précédent. Deux journalistes, Marckendy Nathoux et Jimmy Jean, ont été tués le 24 décembre dernier, tandis que plusieurs autres ont été blessés lors de la tentative de réouverture de l’Hôpital universitaire d’État d’Haïti. Par ailleurs, le chef de la coalition criminelle « Viv Ansanm », Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », aurait intimé l’ordre à ses pairs d’enlever, de séquestrer puis d’assassiner plusieurs leaders d’opinion de renom au sein de la corporation.

Plus de quatre édifices de médias ont été saccagés, vandalisés puis incendiés au cours de l’année, notamment la chaîne de télévision Télé Pluriel, Mélodie FM et Radio-Télévision Caraïbes. Ces attaques en série ont aggravé la situation précaire de nombreux journalistes, déjà frappés par le chômage.

Parallèlement, des bandits ont investi les locaux de la station de radio Panik FM à Mirebalais, rebaptisée « Taliban FM », où ils diffusent désormais leurs propres contenus. Au cours de ces assauts, Jean Christophe Collègue, ancien correspondant de la Voix de l’Amérique (VOA), et Israel Roger Claudy, correspondant de Radio Ginen, ont été portés disparus.

En prélude à cette commémoration, la délégation de l’Union européenne en Haïti a salué le courage et la détermination des journalistes haïtiens qui continuent de porter haut les valeurs de vérité, tout en déplorant les menaces dont ils sont l’objet dans l’exercice de leur métier. Elle a réaffirmé son soutien à la corporation, annonçant le lancement d’un programme de fact-checking à l’intention des travailleurs de la presse, afin de lutter contre la désinformation, promouvoir une information rigoureuse, fiable et vérifiée, et soutenir le journalisme d’investigation ainsi que l’éthique professionnelle des médias haïtiens.

Sheelove Semexant

 

 

 

 

 

 

 

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