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Lutte contre la traite des personnes : Une formation au profit des avocats du Barreau de Port-au-Prince

Lutte contre la traite des personnes : Une formation au profit des avocats du Barreau de Port-au-Prince

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   Face à la recrudescence de la criminalité organisée en Haïti, le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP) a organisé, les 27 et 28 février à l’hôtel Kinam, une formation de haut niveau à l’intention des avocats et élèves avocats du Barreau de Port-au-Prince. Une formation à laquelle la rédaction du quotidien Le National a pris connaissance.

   À l’occasion de cette formation, qui a rassemblé près d’une cinquantaine de participants, parmi lesquels des figures éminentes telles que le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Patrick Pierre-Louis, Me Jean Barnave Cheron, conseiller de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Jude Jean Pierre, directeur général de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) ainsi que divers cadres ministériels et institutionnels, où près d’une trentaine d’avocats ont été honorés par la remise d’un certificat de participation. Cette distinction vient consacrer leur engagement ferme dans la lutte contre la traite des personnes et leur détermination à œuvrer activement pour la défense des victimes de ce fléau.

Un rude combat

    Me Patrick Pierre-Louis a exhorté les autorités compétentes à faire de la lutte contre la traite des personnes une priorité nationale. Soulignant l’urgence d’une action concertée, il a insisté sur l’importance de doter les professionnels du droit des outils nécessaires pour combattre ce fléau.

   « Avec la montée en flèche de l’insécurité, il devient impératif d’adopter une approche concertée pour combattre la traite des personnes. Le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP), en tant qu’organisme interministériel et sectoriel, possède les atouts nécessaires pour mener ce combat. Avec un soutien renforcé du gouvernement et une mobilisation des acteurs concernés, nous pouvons véritablement faire la différence et offrir une protection efficace aux victimes», a-t-il souligné

   Me Patrick Pierre-Louis a  réaffirmé son engagement à sensibiliser et outiller les avocats afin qu’ils deviennent des acteurs clés de cette lutte, appelant à une synergie entre les différentes institutions impliquées.

      En revanche, pour empêcher l’aggravation de ce fléau, les autorités doivent agir vite et efficacement. Cependant, si l’État demeure inefficace, la criminalité organisée ou la traite des personnes en Haïti, notamment le trafic d’organes, pourrait se développer davantage, exposant les couches vulnérables de la population à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués et impitoyables.

    Dans la même perspective, Me André Ibreus, président du Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP), a encouragé les participants et participantes à poursuivre les échanges et à approfondir leur réflexion sur cette thématique fondamentale.

    Satisfaction des participants

   Plus d’une trentaine de professionnels du droit ont pris part aux discussions, témoignant ainsi d’un intérêt marqué pour cette problématique d’ampleur nationale.

    Parmi les participants, Me Bigaud Joël s’est dit pleinement satisfait de ces deux journées d’échanges, soulignant la pertinence des interventions et la richesse du contenu abordé.

   « Cette formation a permis de renforcer nos connaissances et nos compétences sur un sujet souvent méconnu, mais dont les implications sont dramatiques pour de nombreuses victimes en Haïti », a rassuré l’homme de loi.

   De son côté, la jeune avocate Stéphanie Saint-Surin, avec éloquence et conviction, a témoigné de son engagement envers cette cause, qualifiant la formation d’initiative salutaire face à un phénomène qui gangrène les fondements de la République d’Haïti.

   « La traite des personnes est une réalité qui nous interpelle tous. Cet atelier nous a donné les outils nécessaires pour mieux comprendre ses mécanismes et identifier les moyens d’y faire face efficacement », a-t-elle ajouté.

   Me Stabiendy Santaire, également membre du Barreau, a, pour sa part, salué la qualité des interventions du Dr Blair, qui officiait en tant que formateur principal de cette activité.

    « L’animation de cette formation par le Dr Blair a été d’une grande pertinence. Il a su rendre accessibles des notions complexes tout en favorisant une participation active des avocats présents», a-t-elle affirmé.

Fondements juridiques

   Interrogé sur les fondements juridiques encadrant la traite des personnes, Monsieur André Ibréus, cadre du ministère des affaires sociales et du travail (MAST), également président du CNLTP, affirme que cette formation prend en compte le rôle des dispositifs législatifs existants, structurant les efforts déployés pour combattre ce fléau en Haïti depuis plus de dix (10) ans.

   Il convient de rappeler que la Loi relative à la lutte contre la traite des personnes a été promulguée le 28 mai 2014 et publiée dans le journal officiel Le Moniteur n° 103, en date du 2 juin 2014. Ce texte, composé de 58 articles, avait été soumis à l'examen du Sénat de la République le mercredi 23 avril 2014.

  Il importe également de souligner que cette formation a été co-animée par Monsieur André Ibréus, président du Comité de lutte contre la traite des personnes en Haïti, ainsi que Dr Blair Chéry, professeur de droit à l'Université d'État d'Haïti.

    S’inscrivant dans une démarche d’éducation et d’engagement communautaire, cet atelier ambitionne d’impliquer les avocats dans la défense des droits fondamentaux. Le CNLTP nourrit l’espoir que cette formation contribuera à renforcer la mobilisation contre ces atteintes graves à la dignité humaine.

    À l’issue de ces deux journées d’intenses réflexions, les participants et participantes ont exprimé leur volonté de poursuivre cette dynamique d’apprentissage et d’engagement dans la lutte contre la traite des personnes, un combat essentiel pour la défense des droits fondamentaux en Haïti.

    En revanche, l’inefficacité de l’État dans la lutte contre la traite des personnes ne se limiterait pas à une crise sécuritaire en Haïti : elle symboliserait aussi un effondrement des valeurs fondamentales de la population, où la vie humaine deviendrait une marchandise comme une autre. En cela, contre une telle déshumanisation, il faut agir vite pour éviter de sombrer définitivement dans l’abîme.

Elmano Endara JOSEPH

joseph.elmano_endara@student.ueh.edu.ht

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