Où sont passés Joseph Mécène Jean-Louis et l’accord Terrasse Garden ?
Environ un mois depuis la désignation d’un président de transition et la signature d’un accord de sortie de crise entre les différents partis de l’opposition, un silence radio est observé sur ces deux grandes actions de l’opposition au pouvoir en place. Les leaders de l’opposition ne parlent presque plus de cet accord, et le président de transition n’a pas donné de ses nouvelles. Mais selon des dirigeants de l’opposition, le secteur ne fait qu’attendre le bon moment pour non seulement appliquer l’accord, mais aussi installer le président à son poste.
Questionnée sur le sujet, la présidente de la Fusion des socio-démocrates haïtiens, Edmonde Supplice Beauzile, n’a pas pu en dire plus sur cette affaire. L’opposition, affirme-t-elle, attend que le président Jovenel Moise comprenne la nécessité de laisser le Palais national. À en croire, Mme Beauzile, le choix de Me Joseph Mécène Jean-Louis prouve que les partis de l’opposition ont compris la nécessité de se mettre ensemble pour travailler et d’offrir une alternative au pays. Pour sa part, Marjorie Michel, l’un des porte-parole du secteur démocratique et populaire, a fait remarquer que les leaders de l’opposition savent pertinemment que les dictateurs ne laissent pas le pouvoir aussi facilement. Mais cela n’empêche qu’ils continuent de travailler afin de révoquer le régime en place et de le remplacer par un système qui soit au service de tous les Haïtiens du pays.
Retour sur l’accord
« Accord Terrasse Garden », l’unique accord de sortie de crise accepté par la majorité des partis de l’opposition, dont Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, n’est plus à l’ordre du jour, semble-t-il. Un mois après la signature de l’accord, aucune des activités prévues n’a jamais eu lieu, hormis la désignation de Joseph Mécène Jean-Louis comme président de la Transition. La création de la Commission nationale de transition (CNT) chargée de mettre en place le pouvoir de transition n’a jamais eu lieu.
Cette commission qui devait être composée de membres de la société civile et du secteur politique, dont les partis, groupements et regroupements politiques de l’opposition, allait avoir comme mission, selon les modalités préétablies, le choix du/de président/la présidente de transition, le/la Premier ministre, les membres de son gouvernement et les membres de l’organe de suivi et de contrôle de l’action gouvernementale. Pourtant, sans l’installation de cette commission d’une quinzaine de membres, un président provisoire a été présenté à la nation le 7 février dernier.
En plus de la Commission nationale de transition (CNT), un organe de contrôle devait être également mis sur pied. Baptisée Organe de contrôle de la transition (OCT), cette commission devait s’assurer du respect des lois et de l’éthique dans la gestion de la chose publique. Il devra aussi s’assurer de la prise en compte des revendications populaires par le pouvoir politique. À l’image d’un parlement, des frais de service devaient être mis à la disposition des membres de cette commission pour leur déplacement et leur séjour dans la capitale. Des sessions ordinaires de l’OCT, 8 jours ouvrables, sont aussi prévues dans l’accord.
Au nombre de 25, à raison de deux par départements, 1 de la société civile, 1 des partis politiques et 1 représentant de la diaspora (Amérique latine et Caraïbe, Amérique du Nord, Europe et reste du monde), l’OCT devrait être dissous après l’élection des parlementaires de la 51e législature. La création de la CNT a été la condition sine qua non à l’aboutissement d’un choix parmi les trois juges désignés pour assurer la transition. Mais contre toutes attentes, les dirigeants du secteur démocratique et populaire avaient choisi Me Joseph Mécène Jean-Louis en lieu et place de Wendell Coq Thélot qui faisait l’unanimité au sein du secteur.
Selon l’accord, ce président de transition aurait pour mission d’adresser, pendant deux ans de mandat et à travers une conférence nationale, les grandes lignes des difficultés sociopolitiques et économiques que connait le pays actuellement. Il devait aussi faire choix d’un Premier ministre et nommer un gouvernement de 14 membres parmi des personnalités proposées par les organisations politiques et les associations de la société civile, la CNT. Mais jusqu’à date, aucune avancée n’a été faite dans le cadre de la mise en œuvre de cet accord. À part la désignation de Joseph Mécène Jean-Louis en dehors de la voie tracée dans l’accord, l’opposition patine.
Evens REGIS
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.