Echec à Village de Dieu : à qui la faute ?
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72 heures après la catastrophe du Village de Dieu, il n’y a toujours pas de démission et de révocation au sein du CSPN. Aucune responsabilité n’est encore fixée alors que la population ne cesse de demander des comptes. Des informations circulent, mais personne ne sait sur qui mettre la faute de l’échec de cette opération.
L’amateurisme du haut commandement de la PNH dans l’opération menée au Village de Dieu durant le week-end a occasionné la mort de 5 policiers. L’échec de cette opération ne fait plus de doute. La population haïtienne n’a jamais été autant indignée d’un revers essuyé par la PNH face aux bandits armés qui sèment la terreur au sein de la population. Des informations font état d’un boycott. Des policiers syndiqués parlent d’une lutte au sommet entre des hauts dignitaires de l’État. Pourtant, même après ces révélations fracassantes, aucune responsabilité n’a été fixée.
Après l’opération, le directeur de la PNH, Léon Charles, a pris la parole pour exprimer son indignation, adresser des mots de condoléances aux familles des victimes et proférer des menaces aux bandits armés. Le chef de l’État, Jovenel Moise, le Premier ministre Joseph Jouthe, n’ont fait qu’exprimer leur indignation. Après quoi, la vie continue. Entre temps, les bandits, qui ont opéré le forfait de vendredi dernier, continuent de publier des vidéos sur les réseaux sociaux montrant qu’ils s’adonnent à leur activité en toute quiétude dans leur quartier général.
Les dirigeants de la PNH n’ont même pas eu la décence de fournir un bilan sincère de l’opération. Au contraire, ils ont tenté de cacher la mort de Lucdor Pierre afin d’amoindrir le catastrophique bilan enregistré au Village de Dieu. Ils ont fait savoir à la famille que Lucdor Pierre était parmi les policiers blessés qui recevaient des soins à l’hôpital Bernard Mevs, pourtant le policier a déjà été calciné dans le blindé incendié par les bandits armés du bidonville. Jusqu’à preuve du contraire, la PNH n’a donné aucun détail sur la quantité de morts et de blessées ni sur l’effectif qui a conduit l’opération.
Pour l’heure, l’inspecteur Carl Henry Boucher et un autre policier dont l’identité n’a pas été révélée sont convoqués par l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti (IGPNH). Selon les informations parvenues à la rédaction du journal, l’inspecteur Carl Henry Boucher et ce policier, qui devait devrait manœuvrer le drone, seraient à la base de l’échec de l’opération. Dans les vidéos filmées et diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir les corps sans vie des policiers d’unités spécialisées traînés au sol et frappés par des individus non identifiés. C’est comme s’ils ont été envoyés à la boucherie, sans aucune information, sans munitions adéquates.
Déjà, des organisations de droits humains, dont le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme (CARDH), exigent une enquête suivie de sanctions juridico-administratives. Selon l’organisation, les résultats de la PNH sont peu satisfaisants depuis l’arrivée du directeur a.i., Léon Charles, à la tête de l’institution. Face à cet énième échec, le CARDH exige une enquête internationale sur ce qui s’est passé au Village de Dieu avec toutes les conséquences juridiques et administratives ; la démission des responsables de l’opération et des autorités politiques concernées ainsi que des funérailles nationales pour les policiers victimes dont les corps sont toujours entre les mains des gangs armés.
Evens REGIS
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