Synergie entre FAD’H et PNH: le CSPN a la préséance de commandement
Quelques jours après avoir s’être vanté capable de démanteler les gangs qui sèment la terreur en Haïti, le président Jovenel Moise fait appel à l’OEA et autorise les Forces armées d’Haïti (FAD’H) à travailler en synergie avec la Police nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre le banditisme sur le territoire haïtien. Mais selon Patrick Chrispin, conseiller au Palais national, le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) aura toujours la préséance.
Lundi soir, sur son compte Twitter, le président de la République a annoncé avoir pris un important décret habilitant la PNH et les FAd'H à travailler en synergie afin de combattre l’insécurité. Ce décret, dit-il, va permettre aux autorités compétentes de mobiliser tout le support extérieur nécessaire à la concrétisation de leur mission. Peu de temps avant, il avait informé de sa demande auprès de l’Organisation des États américains (OEA) pour l’obtention d’un appui technique en matière de sécurité afin de combattre les bandits armés sur le territoire national.
C’est un décret qui révise la Loi sur l’État d’urgence. Selon le président, cette décision est prise dans l’idée de donner au Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) les moyens pour combattre le banditisme et la criminalité en Haïti. Contacté par le journal, l’un des conseillers de Jovenel Moise, Patrick Chrispin, a fait savoir qu’aucune de ces deux institutions ne va empiéter sur le travail de l’autre. Les deux forces en présence, à savoir les Forces armées d’Haïti la Police nationale d’Haïti, précise-t-il, jouissent de tous leurs droits et prérogatives accordées par la Constitution et continuent d’exercer chacune leur mission spécifique.
Depuis l’échec de l’opération policière à Village de Dieu, la Fédération de Russie a offert son aide à Haïti dans le but de rétablir la sécurité intérieure et combattre l’instabilité politique. Donc, dès l’adoption de cette décision par l’exécutif, tout le monde se demandait si enfin le gouvernement haïtien allait se tourner vers la Russie pour accepter l’offre de coopération du pays des soviets en matière de sécurité. Car, le président lui-même avait laissé la voie ouverte en ce qui concerne la mobilisation de tout support extérieur pouvant permettre au pays de venir à bout de l’insécurité.
Abordé sur ce sujet, Patrick Chrispin n’était pas en mesure de fournir une réponse exacte. C’est un sujet sensible après tout. Par conséquent, il a renvoyé la balle dans les pieds du ministre des Affaires étrangères, Claude Joseph, qui, selon lui, a la mission de régler les questions de ce type. Par ailleurs, le conseiller de Jovenel Moise a uniquement souligné les avantages offerts par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Laquelle convention, précise-t-il, offre la possibilité à un État partie qui se trouve en difficulté sur le plan sécuritaire de solliciter des appuis techniques et logistiques de la part des autres pays amis en vue de combattre l’insécurité sur son territoire.
Evens REGIS
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