Le secteur syndical appuie les mobilisations du 28 et 29 mars 2021
« N’attendez pas que vous soyez victimes afin de mobiliser contre la dictature, le kidnapping, la corruption, la répression, l’ingérence internationale ». En substance, c’est ce message lancé par le Collectif des syndicats haïtiens pour le respect de la Constitution de 1987 (COSHARCO-1987) qui a été en conférence ce jeudi 25 mars 2021. Le collectif invite la population à fouler le macadam les 28 et 29 mars.
En conférence de presse, tenue ce jeudi 25 mars 2021 au local en commun de la Confédération nationale des éducateurs haïtiens (CNEH) et de l’Union nationale des normaliens et éducateurs d’Haïti (UNNOEH) dans la zone du Canapé-Vert, le Collectif des syndicats haïtiens pour le respect de la Constitution de 1987 (COSHARCO-1987) apporte son plein soutien aux deux journées de manifestations prévues pour les 28 et 29 mars 2021. Ainsi, l’ensemble des organisations syndicales appelle la population à rejoindre cette lutte.
« Se pa paske yo poko rive sou sektè w la pou w pa leve kanpe. Yo te pase sou sendika anseyan… Y ap rive sou nou », a alerté la coordonnatrice de la CNEH, Magalie Georges, tout en indiquant que le pays ne peut pas se permettre de descendre encore plus. « Tout le monde doit se mobiliser afin d’exprimer leur refus contre la terreur comme mode de gouvernance », a-t-elle martelé. Pour la syndicaliste le fait d’investir les rues en foule est une façon pour le peuple de réclamer le respect de la Constitution, le retour à l’ordre démocratique, le respect de la liberté d’association et le droit à la parole.
En plus d’appuyer les deux journées de mobilisations, le COSHARCO-1987 apporte aussi sa solidarité au Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17) qui se trouve dans le viseur du haut commandement de la PNH. Pour Dorvil Marc de la Confédération des travailleurs des secteurs publics et privés (CTSP), la violation des droits syndicaux est l’une des choses les plus en vogue ces derniers temps dans le pays. D’après le syndicaliste, le directeur général par intérim de la PNH, en l’occurrence, Léon Charles, fait tout son possible pour démanteler le SPNH-17 alors que les groupes de gangs armés fonctionnent presqu’en toute quiétude.
Si l’on peut croire Dorvil Marc, les accusations contre des membres du SPNH-17 ne sont pas fondées. En ce sens, il laisse savoir qu’une dictature est en train de prendre forme dans le pays et les citoyens devraient s’inquiéter davantage quand cela touche la PNH. Les membres de la SPNH-17 ne doivent pas avoir peur, soutient le représentant du CTSP indiquant que le COSHARCO-1987 a entamé plusieurs démarches au niveau des organisations syndicales à l’international.
De son côté, Dominique St-Eloi, coordonnateur général de la Centrale nationale des ouvriers haïtiens (CNOHA), a indiqué que ces deux journées de marche sont programmées contre le kidnapping, l’insécurité, la dictature, la corruption et l’ingérence de l’international. Très acide contre le régime en place, M. St-Eloi reste convaincu que le mandat de Jovenel Moïse a bien pris fin. Pour toutes ces raisons, estime-t-il, le peuple doit participer aux deux journées de manifestation. Le syndicaliste demande d’une part, à tous les secteurs de la vie nationale d’accompagner la PNH qui se trouve en danger et d’autre part, à la PNH de rejoindre la lutte populaire.
« Vous êtes là pour tout le monde, pour protéger et servir. Mais, vous n’êtes pas là au service d’un individu. Vous êtes là au service du peuple haïtien », a-t-il rappelé aux policiers.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
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