Appel renouvelé du CARDH pour la mise en place d'un tribunal spécial sur l'assassinat de Jovenel
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Le Centre d'Analyse et de Recherche en Droits Humains (CARDH) renouvelle son appel à la mise en place d'un tribunal spécial ou d'une chambre spéciale afin de mener une véritable enquête judiciaire et un procès sur l'assassinat de Jovenel Moïse.
En effet, trois ans après l'assassinat du 58e président haïtien dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, le CARDH estime que la justice haïtienne piétine. L'organisation souligne que le traitement de ce dossier risque de tourner à la parodie de justice en perdant des éléments clés et en négligeant des pistes cruciales pour identifier les coupables et leurs complices.
Selon le CARDH, le système judiciaire haïtien présente des lacunes concernant cette affaire, notamment en raison de l'incapacité des autorités judiciaires à mener une enquête sérieuse sur les motivations et les ramifications de ce crime transnational.
L'organisation cite l'ordonnance du 5e juge d'instruction, Walter Wesser Voltaire, qui, après deux ans d'enquête, n'a pas réussi à faire de grandes avancées dans l'affaire. Le CARDH critique cette instruction judiciaire qui, selon lui, ressemble davantage à une analyse policière, notamment parce que les lieux du crime et leurs environs n'ont pas été sécurisés immédiatement après le meurtre.
« Dans cette ordonnance, qui inculpe 51 personnes tout en en disculpant d'autres, l'accent est principalement mis sur les témoignages des inculpés et des témoins, sans qu'il y ait eu d'investigations approfondies utilisant des technologies modernes et des techniques d'enquête judiciaire permettant de vérifier la véracité des dépositions cruciales pour l'affaire», indique-t-il dans un communiqué.
Le CARDH critique également le fait que l'enquête du juge n'ait pas porté sur les transactions financières liées au crime ni sur les motivations à l'origine de sa planification, ignorant ainsi la dimension transnationale de l'affaire. De plus, il souligne que de récents inculpés, tels que Marie Étienne Martine Joseph Moïse, la femme du défunt, et Léon Charles, alors directeur de la police nationale, ont fait appel de l'ordonnance, compliquant encore davantage l'enquête. La plupart des personnes inculpées cruciales pour l'enquête sont actuellement en fuite suite à une évasion du pénitencier national dans la nuit du 2 mars dernier.
L'organisation rappelle que le dossier n'a toujours pas été transmis à une cour d'appel dysfonctionnelle en raison du manque de moyens pour son fonctionnement, affirmant que, en tant que crime transnational, seule la création d'un tribunal spécial ou d'une chambre spéciale permettrait de garantir une enquête véritable et une décision de justice juste.
Sheelove Semexant
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