Neuf ans d'expériences, de résistance et d'espérance
Le 15 mai 2015, le quotidien Le National rentrait dans l’arène de la presse haïtienne. Le National était un rêve caressé depuis longtemps par l’ingénieur Hervé Lerouge qui voulait signifier ainsi la poursuite de son engagement citoyen dans un contexte où les démissions, les errements, tiraient vers le bas la barque nationale. En faisant appel à des journalistes chevronnés, des jeunes pour la plupart, le fondateur du quotidien le National a voulu donner l’exemple d’une presse professionnelle dont les objectifs citoyens se résument à la défense sans parti pris des intérêts de la communauté. Dans un pays où les conflits sont partout, alimentant des divisions qui désagrègent le corps social, le défi de Le National était de taille. Très tôt, l’équipe de ce quotidien a dû traverser de véritables tempêtes politiques et sociales où il fallait beaucoup de sagesse et de discernement, surtout le sens de l’Histoire et un amour sincère de la patrie pour maintenir le cap.
Aujourd’hui, neuf ans après, même si notre quotidien a tenu fermement sa ligne citoyenne, force est de reconnaître que les choses n’ont pas évolué comme nous le souhaitions en dépit de nos efforts déployés pour que le mieux vivre dans notre communauté ne soit pas un vain mot. Pulsion de mort, folie ou fascination pour la boue et la crasse, le terme vivre ensemble a été dévoyé « viv ansanm » devenant synonyme de pillages, d’assassinats, de viols, et de délinquance en tout genre. Pourtant sous la plume de nos chroniqueurs, éditorialistes et journalistes, le National avait constamment tiré la sonnette d’alarme, dénonçant les dérives de nos politiciens, une gouvernance comme à la médiocrité assumée et l’abandon de notre souveraineté qui nous a conduits aujourd’hui à la énième intervention étrangère dont les débuts n’annoncent rien de bon avec la volonté des responsables de la catastrophe politique et sociale que nous vivons de rester aux commandes sous le parapluie des étrangers.
Le National avec son désir d’être un organe au service de la communauté, ne pouvait que souhaiter une société civile forte et active avec comme force motrice les classes moyennes, déifiant la compétence, le travail, une société civile pesant de tout son poids pour forcer nos dirigeants à abandonner ces pratiques rétrogrades qui nous ont valu d’être l’un des pays les plus arriérés de la planète alors que sur la même île la République dominicaine travaille à son décollage.
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