Affaire Jovenel Moïse : le Premier ministre Ariel Henry et le secrétaire du Palais national, Josué Pierre-Louis, auditionnés
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Le juge Walter Wesser Voltaire a auditionné, le mardi 26 décembre 2023, le Premier ministre Ariel Henry ainsi que le secrétaire du palais National, Josué Pierre-Louis en qualité de témoin dans le cadre du dossier d'assassinat de l'ancien président Jovenel Moïse.
Cette audition fait suite à l'autorisation du conseil des ministres du 19 décembre dernier, permettant au chef du gouvernement et à de grands commis de l'État de répondre aux questions du juge instructeur chargé de cette affaire. De ce fait, le magistrat Walter Wesser Voltaire accompagné de son greffier s'est rendu, le mardi 26 décembre, dans la résidence officielle du Premier ministre pour le questionner, selon un communiqué de la Primature.
Cette note souligne que cette interrogation traduit la volonté du Premier ministre de faire avancer l'enquête afin que justice soit rendue à la famille du 58e président assassiné. « Le Premier ministre, qui a toujours déclaré faire confiance à la justice de son pays, a répondu aux questions du juge, contribuant ainsi à la manifestation de la vérité dans cette douloureuse affaire. C’est la preuve que, dans notre pays, personne n’est au-dessus de la loi et qu’il est de notre devoir à tous de faire ce qui est en notre pouvoir pour que justice soit rendue au Président Moïse, à sa famille et à la nation tout entière », a indiqué la note.
Cette démarche du juge instructeur a été critiquée et mal vue par certains membres de la population affirmant que le Dr Henry aurait dû se rendre au carré du magistrat. Cependant, l'homme de loi Jean Ronel Sistanis indique que cette initiative s'effectue dans le cadre de l'application de l'article 49 du code d'instruction criminelle, autorisant au juge à se transporter sur les lieux pour aller vérifier, ramasser des informations pouvant faire bouger une enquête, précisant qu'aucun texte de loi n'a jamais interdit au juge de se déplacer pour aller auditionner un témoin.
Néanmoins, Me Sistanis estime que l'environnement pourrait avoir des impacts réels sur cette audition. « Un autre environnement serait plus favorable au déroulement de l'interrogation et le magistrat serait à l'aise de poser toutes sortes de questions pouvant réellement faire avancer l'enquête. Dans ce contexte, on est en droit de croire que les questions que Me Voltaire devrait poser pour faire bouger son enquête n'ont pas été posées », a déclaré Me Jean Ronel Sistanis.
Ainsi, il soutient que cette audition pourrait s'interpréter comme un arrangement, visant à montrer que le Premier ministre ne veut pas faire obstruction à la justice et à prouver sa volonté de faire bouger l'enquête, et que cela ne va nullement contribuer à faire progresser les recherches et à trouver de véritables éléments d'information. « Ces invitations n'ont pas pour objectif de faire progresser l'enquête et vérifier le degré d'implication des témoins ou des accusés », avance-t-il.
Sheelove Semexant
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