Les actions diverses entreprises par l’Église catholique en Haïti pour obtenir la libération des religieux enlevés par le gang « 400 mawozo » ont conduit à la libération de 3 des 9 otages, le jeudi 22 avril. Toutefois, le reste de la cohorte des religieux, dont les deux Français, sont toujours aux mains de ravisseurs et l’Église catholique n’entend pas verser de rançon pour en échange de leur libérer libération.
Les actions diverses entreprises par l’Église catholique en Haïti pour obtenir la libération des religieux enlevés par le gang « 400 mawozo » ont conduit à la libération de 3 des 9 otages, le jeudi 22 avril. Toutefois, le reste de la cohorte des religieux, dont les deux Français, sont toujours aux mains de ravisseurs et l’Église catholique n’entend pas verser de rançon pour en échange de leur libérer libération.
À tous les maux connus d’Haïti, comme la pauvreté et la corruption, un autre vient s’ajouter dans le quotidien des citoyens. Le kidnapping semble devenir, selon le président de la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), Mgr Launay Saturné, un véritable commerce.
En effet, parmi les neuf religieux, dont deux Français, kidnappés par les gangs « 400 mawozo » depuis plus de 11 jours, 6 sont toujours entre les mains des ravisseurs. Cependant, pour l’Église catholique, il n’est pas question de verser de l’argent pour la libération (la vie) des otages. Dans une interview spéciale accordée au journal le National et la Radio Télévision Pacific ce jeudi 22 avril 2021, le père Marc Henry Siméon, porte-parole de l’Archevêché de Port-au-Prince, a indiqué qu’on ne peut négocier de l’argent sur la vie des gens, car elle vaut plus que tout.
En termes d’évolution du dossier, le porte-parole a fait savoir que les gangs armés (400 mawozo) ont fait des exigences qui ne dépendent ni de la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH) ni de la conférence des religieux. Il poursuit en indiquant que, lors d’une interview accordée à un média de la capitale le chef de gang (NDLR : Lanmò 100 jou), a fait savoir que « l’État sait ce qu’il doit faire ». Pour le prêtre, il revient à l’État à présent de donner de plus amples explications sur la situation. Outre cela, Père Siméon dit espérer que l’État haïtien qui détient le monopole des droits et des forces légitimes du pays va faire tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération des otages.
Par ailleurs, à côté des 6 catholiques qui sont toujours entre les mains des ravisseurs, le phénomène a pris une proportion exagérée tout d’un coup. Les informations ont fait état d’au moins d’une douzaine de personnes victimes de rapt ces dernières quarante-huit heures. Cette remontée spectaculaire survient surtout après que la Police nationale d’Haïti ait fait une descente des lieux dans la 3e circonscription de Port-au-Prince, particulièrement à Martissant, dans le but de barricader les accès menant aux cachettes des bandits où ils ont l’habitude de séquestrer certains otages.
Dans l’après-midi du 21 avril, le notaire Alex Démosthènes a été kidnappé à la sortie de son étude, a fait savoir ce jeudi le Collectif des notaires d’Haïti qui s’est dit indigné par cet acte crapuleux. « Cette prise d’otage de trop, vient alourdir la longue série de violences de toutes sortes subies par la population haïtienne dans toutes ses composantes », a fait remarquer le Collectif disant prendre acte que les dirigeants du pays sont inscrits aux abonnés des absents laissant la population livrée à elle-même et aux bandits de toutes espèces.
En guise de solidarité au notaire et à toutes les autres victimes de ce phénomène, le Collectif a fait savoir que « les études des dix-huit juridictions de première instance du pays resteront fermées le vendredi 23 avril 2021 ».
Dans la soirée du 20 avril, des individus avaient élevé le citoyen Guy Blaise à Carrefour pendant qu’il tentait de regagner sa famille habitant dans la zone. « Le véhicule de Normanlis Paul, fonctionnaire et vérificateur à la Cour des Comptes, à bord duquel se trouvaient son épouse Leonne Sterling Paul, son fils Jean Yves Paul et Mimose Benoit, ménagère à la Cour, a été intercepté entre la quatrième avenue Bolosse et Martissant alors qu’ils regagnaient leur domicile en la commune de Carrefour », a fait remarqué la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratifs dans une note date du 21 avril. En dépit des nombreux cas qui échappent au contrôle de la presse, la situation devient de plus en plus critique.
À travers une récente note vocale, l'Archevêque métropolitain de Port-au-Prince, Monseigneur max Leroy Mésidor a demandé une fois de plus aux ravisseurs de libérer les autres otages du 11 avril pendant qu’ils les invitent à faire preuve d’humanité.
Wisly Bernard Jean-Baptiste
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.