Les Nations unies alertent sur les crises humanitaires impactant les femmes en Haïti
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Le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies en Haïti a organisé, ce mardi 28 novembre 2023, une causerie avec les travailleurs de la presse autour du thème : « Conséquences des crises humanitaires sur les femmes et les filles haïtiennes », dans l'objectif d'attirer l'attention des organisations des droits humains locales, nationales et internationales sur les conséquences des multiples troubles que traverse le pays sur la gent féminine.
Cette activité s'inscrit dans le cadre de la campagne annuelle internationale «16 jours d'activisme contre la violence basée sur le genre» . Elle vise également à mettre en lumière les répercussions de l'instabilité politique, économique, notamment sécuritaire, sur les femmes et les filles.
Lors de leurs exposés, les féministes Blandine Afanda et Guerda Prévilon rappellent que les invasions des gangs dans les quartiers entraînent généralement des déplacements forcés au sein de la population, accroissant la vulnérabilité des familles, des filles et des adolescents, de plus en plus exposés à la violence sexuelle. Soulignant que ces dernières sont souvent utilisées lors des attaques comme arme de guerre, d'intimidation et de domination au sein des quartiers assiégés. « Près de 2000 cas de viols ont été recensés de janvier à août 2023, soit une augmentation de 49 % par rapport à l'année 2022 », a informé Blandine Afanda, responsable de l'UNFPA.
Elles avancent que les membres des familles sont souvent disjoints et éparpillés suite à ces déplacements. Les adolescents, les jeunes filles séparées de leurs parents sont devenues des proies faciles pour les prédateurs, et parfois elles s'adonnent à des pratiques sexuelles en échange d'argent ou de nourriture pour subvenir à leurs besoins primaires. « Dans certaines zones contrôlées par les gangs, les jeunes filles sont encouragées par des membres de leurs familles à fréquenter les bandits », a précisé Blandine Afanda.
Cette situation d'instabilité crée souvent des traumatismes psychologiques chez les survivantes, qui craignent d'être à nouveau victimes de violences sexuelles ou physiques de la part des bourreaux, ou même dans les lieux de refuge, où elles vivent dans des abris de fortune en compagnie d'inconnus. Elles se retrouvent à vivre dans l'incertitude.
Mis à part la violence sexuelle et physique, les jeunes filles font souvent face à des mariages précoces et forcés, des grossesses non désirées. Les adolescents sont déscolarisés soit à cause du déplacement de leurs familles, des difficultés financières, ou de la perte de leurs parents ou de leurs tuteurs. Ainsi, elles sont victimes d'exploitation et d'abus sexuel, et ces dernières contractent souvent des maladies sexuellement transmissibles comme les IST/VIH lors de ces relations forcées.
En ce sens, Le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de la Population (UNFPA) et Le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies en Haïti (OCHA) plaident pour une prise en charge médicale des survivantes de la violence basée sur le genre, notamment un appui psychosocial visant à prendre en compte la santé mentale des victimes. Les organismes onusiens appellent également à un renforcement des capacités opérationnelles des organisations féministes et féminines pour la lutte contre les violences à l'égard des femmes et des filles.
Sheelove Semexant
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