Des défenseurs des droits humains formulent des recommandations au nouveau commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince
Des responsables du secteur des droits humains disent espérer que la nomination du nouveau commissaire du Gouvernement près du Tribunal de Première instance de Port-au-Prince, en l’occurrence Me Jean Elder Guillaume, ne sera pas la continuité du travail de Me Jacques Lafontant. « Si la politique reste primée sur la justice, si c'est l'exécutif qui tient le monopole de la justice, je doute fort que ce nouveau commissaire puisse faire la différence. Je ne crois vraiment pas dans ces types de changement. D'ailleurs, cela devient juste une habitude sans véritable évolution », a martelé le coordonnateur général du Sant Karl Levêque, Jean Gardy Maisonneuve.
Ce commissaire a pris fonction dans un contexte où la corruption gangrène le système judiciaire, a souligné Jean Ronel Sistanis, coordonnateur général de l’Observatoire haïtien des droits humains. Jean Elder Guillaume doit attaquer les vrais problèmes auxquels le système judiciaire haïtien fait face. « Nous souhaitons que l'actuel commissaire du gouvernement prenne des mesures urgentes en ce qui concerne les dossiers pendants depuis certains temps. Les détenus doivent passer par devant leurs juges naturels. Nous souhaitons que Jean Elder Guillaume tienne compte également des dossiers relatifs aux actes de corruption qui ont été acheminés aux autorités judiciaires par l'Unité de lutte contre la corruption », a déclaré le défenseur des droits humains.
De son côté, la Fondation je klere pense que des mesures urgentes doivent être prises pour restaurer l’autorité morale du Parquet pour le bien de la justice. En ce sens, la FJKL demande au nouveau commissaire du Gouvernement de prendre toutes les dispositions pour que le Parquet de Port-au-Prince cesse d’être un bastion de racketteurs, de mettre l’action publique en mouvement pour que les auteurs et complices du cambriolage du greffe du Parquet soient identifiés, poursuivis et punis conformément à loi et de mettre un terme à la comédie ». Pour les dossiers sensibles, l’opinion publique vaut loi depuis quelque temps au Parquet de Port-au-Prince. Les magistrats doivent toujours garder leur sérénité et ne pas verser dans le populisme pénal.
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