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Le pouvoir avance vers le referendum

Le pouvoir avance vers le referendum

Les organisations de la société civile, les partis politiques, des pays de la communauté internationale, en nombre important, boudent le projet de referendum constitutionnel. Mais cela n’empêche pas au pouvoir en place d’avancer dans son projet de changement de la Constitution. Selon les membres du Conseil électoral provisoire (CEP), le cap est mis sur le 27 juin.

Le projet de changement de la Constitution fait face à une fronde orchestrée par divers secteurs de la société. La communauté internationale qui supporte d’ordinaire le pouvoir en place ne veut même pas discuter de ce projet jugé peu transparent et inclusif. Pourtant, l’exécutif ne fait qu’avancer. Le Conseil électoral (CEP) se dit prêt à donner le coup d’envoi. Ce mardi, les membres du CEP ont présenté un lot de matériels non sensibles.

Le week-end écoulé, le Parlement européen a adopté une résolution dans laquelle elle demande aux autorités haïtiennes d’organiser des élections législatives, locales et présidentielles libres, équitables, transparentes et crédibles et de garantir une sécurité effective au cours de ces processus électoraux. À aucun moment, les eurodéputés n’ont pas parlé de l’organisation de referendum. Selon eux, seul un processus électoral crédible, transparent, participatif et pacifique peut permettre de surmonter la longue crise politique en Haïti.

Au cours de l’adoption de cette résolution par une majorité écrasante de 639 voix pour, 23 contre et 31 abstentions, les eurodéputés ont évoqué l’article 284.3 de la Constitution haïtienne stipulant que «toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de referendum est formellement interdite. Aussi, mentionnent-ils, l’annonce de l’Union européenne en date du 6 mai 2021, confirmant la décision de l’UE de ne pas envoyer d’observateurs ni financer l’organisation du referendum constitutionnel prévu pour le 27 juin prochain.

Pour le Parlement européen, cette réalité prouve en effet le caractère illégal et antidémocratique du projet d’adoption d’une nouvelle constitution à un moment où le pays est durement touché par l’insécurité et l’instabilité politique. D’après eux, en guise de referendum, le gouvernement haïtien devrait intensifier ses efforts en vue de mettre un terme aux affrontements entre les bandes, ainsi qu’aux attaques armées contre les civils et les forces de l’ordre, et pour traduire les responsables en justice dans le cadre d’un procès équitable.

On se le rappelle que des parlementaires américains avaient récemment demandé aux États-Unis de ne pas soutenir le projet de referendum ni les élections avec le pouvoir de Jovenel Moise. Et comme motifs, ces membres du Congrès avaient évoqué une urgente et grave détérioration grave de la situation sécuritaire en Haïti. Ces parlementaires avaient demandé au département d’État des États-Unis de revoir sa politique extérieure vis-à-vis d’Haïti. Ils avaient aussi plaidé en faveur d’une véritable transition qui pourra adresser cette crise multiforme et offrir une alternative au pays.

À l’appel du secteur protestant, une marée humaine a défilé dans les rues de Port-au-Prince, dimanche 28 février dernier, pour dénoncer l’insécurité, le kidnapping et l’organisation du referendum constitutionnel. C’était une véritable démonstration de force de la société civile, notamment l’Église, qui semblait vouloir prendre en main la lutte pour le respect de la Constitution haïtienne de 1987.

En outre, les équipes gouvernementales chargées de faire la promotion du projet dans les 10 départements du pays et dans la diaspora sont constamment mal accueillies. Ce projet a déjà essuyé plusieurs revers en Haïti. Dimanche 23 mai dernier, le ministre Gonzague Edner Day a été chahuté par la communauté haïtienne de New York lors d’une réunion à Hilton Hôtel dans le quartier de Queens. Cette discussion autour de l’organisation du referendum constitutionnel s’est terminée en queue de poisson.

En dépit d’une pareille réalité, le pouvoir n’entend pas faire marche arrière sur le projet. Le cap est toujours maintenu sur le référendum constitutionnel. Et selon le pouvoir en place, cette nouvelle constitution va permettre à la nation d’avoir sa constitution du 21e siècle, donner l’opportunité aux jeunes talentueux, aux hommes et femmes d’expérience de servir le pays, rationaliser les pouvoirs de l’État et renforcer les droits des citoyens.

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