La Cellule de réflexion et d’action nationale et la CE-Jilap disent non au référendum
La CRAN et la CE-JiLAP disent être en désaccord avec le projet de référendum. Lors d’une conférence de presse donnée au secrétariat national Justice et paix, le premier juin 2021, des représentants de ces deux organisations se sont prononcés sur le sujet, laissant entendre que la Constitution de 1987 prévoyait des balises pour protéger les acquis démocratiques que la nouvelle constitution veut écarter
Selon la Cellule de réflexion et d’action nationale en accord avec la Commission épiscopale nationale justice et paix, l’avant-projet de la nouvelle constitution est chargé de pièges pour la démocratie. Elles critiquent l’organisation du référendum qui n’est pas inclusif selon elles. « Un référendum ou une consultation populaire devrait se faire dans le plus grand respect pour la population concernée », font savoir les deux structures précitées
Selon leur avis, parce que des gens souhaitent ou seraient d’accord avec quelques changements dans la Constitution de 1987, une nouvelle constitution est présentée à la population. La CRAN et la CE-JiLAP disent penser que l’accent n’est pas mis sur la divulgation du contenu de l’avant projet de constitution ni sur le comment il a été élaboré, dans quel intérêt. Selon leur ressenti, ce qui importe aux organisateurs du référendum, c’est de gagner un oui de population.
D’après Pierre Yoldy Clermont, membre de la Cellule de réflexion et d’action nationale, la promotion pour le référendum repose sur de la propagande et de faux prétextes. « On fait comprendre à la population que la Constitution de 1987 en place est source de conflit et d’instabilité ; elle rend la gouvernance du pays impossible {…} mais on n’explique pas que le projet de constitution prévoit un président tout puissant, qui n’est sous aucun contrôle. (Art: 141-157, projet de constitution. »
De son côté, Lorna Thelusma, membre de la CRAN, a fait savoir qu’aucun vrai débat n’a précédé l’organisation du référendum. Alors que selon elle, bon nombre de points méritent un débat, car ils touchent le fondement même du système démocratique du pays. Lorna Thelusma s’est donc référé aux institutions qui, à son sens, sont affaiblies dans le projet de la nouvelle constitution : le cas de la Cour des comptes et du contentieux administratif, la question de la double nationalité, la durée du mandat des élus, la question de l’indépendance de la justice et la façon de prévenir que trop de pouvoir ne soit concentré aux mains d’une seule personne, les dispositions en matière de droit de propriété accordé aux étrangers, la question de référendum. En plus, le projet de la nouvelle constitution ne prévoit rien pour s’assurer que le pays ait des mandataires fiables et légitimes, comme l’exige la Constitution de 1987, qui peuvent prendre des décisions avec la majorité absolue de 50 % plus un des membres de l’Assemblée.
Selon Jocelyne Colas Noel, seulement un processus transparent, mené par une autorité légitime et mandatée, pourrait conduire un processus de ce genre. De plus, elle dit croire que la conjoncture actuelle ne permet pas un débat serein en rapport à un changement de constitution.
Geneviève Rose Murdith Joseph
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