Le HCT et son profond mutisme
Écouter l'article
C’est le calme plat depuis l’installation le 6 février du Haut conseil de transition (HCT), structure créée dans le cadre de l’accord paraphé, le 21 décembre 2022, entre le Premier ministre et des représentants du secteur des affaires de la société civile et des acteurs de la politique. Pour s’assurer de l’application dudit accord baptisé « Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes », des signataires ont, dans l’intervalle, mis sur pied un comité de suivi.
Haïti est englué depuis plusieurs mois dans l’une des pires crises de son histoire. L’économie est en chute libre avec une inflation, avoisinant les 45 %, qui pourrit le quotidien de la population déjà exposée à une insécurité chronique qui, chaque jour, prend des proportions inimaginables. Sans parler de la crise politique. Aujourd’hui, le pays ne compte plus aucun élu, seul le Premier ministre Ariel Henry, dont l’autorité est contestée par plus d’un, est aux commandes depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse.
Face à la gravité de la situation, des acteurs locaux d’internationaux ont appelé les protagonistes à trouver une entente, après plusieurs vaines tentatives, presque à la surprise générale, le « Consensus national pour une ransititon inclusive et des élections transparentes » a vu le jour. Quoique rejetée par une bonne frange de la classe politique, cette initiative a accouché du HCT.
Constitué de Mirlande Hyppolite Manigat du secteur politique, de Laurent Saint-Cyr du secteur privé des affaires et de Calixte Fleuridor de la société civile, le HCT a pour mission, entre autres, d’accompagner le gouvernement, d’organiser un référendum en vue de changer la Constitution et de faciliter la tenue des élections, et ce avant le 7 février 2024. Malgré le laps de temps visiblement limité, et l’urgence de l’heure, les membres de cette structure observent un silence assourdissant depuis leurs prises de fonction.
Craignant que cette démarche soit mort-née, des signataires du document ont mis sur pied un Comité de suivi du consensus (CSC ). Il est composé, entre autres, de l’ancien chancelier haïtien Pierrot Delienne, de l’ex-député Antoine Rodon Bien-Aimé, de Philomène Célestin et de René Civil.
« Nous, les signataires de l’accord du 21 décembre, avons pour obligation de veiller à sa mise en application, afin d’éviter de répéter l’échec de celui du 11 septembre. Ariel Henry n’a pratiquement aucun cadre légal lui permettant de diriger le pays. À travers le consensus, nous avons une opportunité d’avancer à de mettre fin à l’ensemble de crises qui rongent le pays », a fait valoir, l’ancien député Antoine Rodon Bien-Aimé, tout en appelant les autres signataires à rejoindre le comité.
Pour l’ex-élu de la commune de Cerca Carvajal, il revient aux Haïtiens de résoudre la crise arguant que l’international n’a aucune volonté de venir en aide au pays. Malgré le doute qui plane sur la capacité du HCT à atteindre les objectifs visés, l’ancien parlementaire se dit confiant. Il demande aux parties prenantes à faire pression sur le Gouvernement et les membres du Haut conseil de transition.
Esdra Jeudy
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.