TRANSPORT EN COMMUN
Les gangs formalisent le rançonnage des usagers de la route
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Les syndicats du transport en commun ont perdu toute leur notoriété. Depuis quelque temps, les routes nationales, abandonnées par les autorités, sont contrôlées à tous les niveaux par des bandes armées. Sur la Nationale #1 et la Nationale # 2, les gangs fixent des tarifs pour autoriser les chauffeurs des autobus et des camionnettes à travailler. Certains gangs exigent 1 500 gourdes par course et infligent, aux responsables des syndicats, un montant d’environ 300 000 gourdes par semaine. Cette situation impacte davantage le prix du transport en commun.
Depuis l’augmentation du coût de l’essence à la pompe en septembre dernier, le prix des courses a considérablement augmenté. Le trajet Bon Repos, Shada qui mène à Cabaret et qui coûtait autrefois 100 gourdes est passé à 500 gourdes. Selon des chauffeurs contactés à ce sujet, il a fallu cette augmentation de la course à cause des divers gangs basés sur la route et qui les rançonnent. « Entre nous les chauffeurs, nous avons décidé de toucher 500 gourdes par passager. À l’entrée de Canaan, il y a des hommes armés qui nous rançonnent, au niveau de Canaan 70, 90 et même à Titanyen, il y a des groupes armés qui sont là et qui nous exigent de l’argent. Parfois, ils arrivent à fouiller tous les véhicules qui fréquentent la zone et saisir les marchandises et l’argent des commerçants », a confié Tony, ce transporteur sur la Nationale #1.
Le syndicaliste Méhu Changeux, président de l’Association des propriétaires et chauffeurs haïtiens (APCH), affirme que le syndicat qu’il dirige n’a rien à voir avec les gangs. Par contre, il se dit être au courant d’une telle pratique où des chauffeurs sont contraints de payer un droit de passage. « Les gangs décident à leur gré, a-t-il admis.
Comme effets collatéraux : « Autrefois, soit l’année dernière, pour laisser Portail Léogane et se rendre à Fontamara, on avait besoin de 20 gourdes, aujourd’hui il faut avoir 75 gourdes. C’est la même situation pour la commune de Carrefour, autrefois on payait 25 gourdes, aujourd’hui, les transporteurs exigent 100 gourdes aux passagers puisqu’ils doivent donner une somme aux hommes armés qui occupent ces territoires », a soulevé Elias (nom d’emprunt), un Carrefourois qui n’a pas voulu indiquer son nom.
En ce sens, Mehu Changeux, le président de l’APCH, appelle la population à la vigilance et invite les autorités concernées à prendre des mesures justes et efficaces pour mettre fin à cette crise pour le moins transversale.
Oberde Charles
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