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Des greffiers sous la menace des gangs

Des greffiers sous la menace des gangs

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L’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), dans une note, parue en date du 8 février, condamne les nombreux cas de menaces via téléphone et des attaques physiques que subissent les greffiers affectés aux tribunaux de paix de Pétion-Ville, de Cité Soleil, de Tiburon et au Tribunal de Première instance du Cap-Haïtien. Le groupement demande aux responsables de l’appareil judiciaire de diligenter des enquêtes en vue d’identifier et sanctionner les auteurs et coauteurs de ces persécutions.

En effet, le président de l’ANAGH, Walcker Martin Ainé, dénonce les persécutions que sont l’objet les greffiers des différentes juridictions du pays dans le cadre de l’exercice de leur fonction. Il a fait savoir que trois des greffiers du tribunal de paix de Petion-Ville sont constamment menacés par des individus non identifiés depuis l’arrestation d’un citoyen qui était en contravention avec la loi.

Le représentant de L’ANAGH condamne également les menaces que reçoivent ses confrères par le biais des messages téléphoniques et les comptes anonymes créés par certaines personnes pour associer des greffiers à des groupes de gangs ou des actions qui sont capables de ternir leurs images, parce qu’ils avaient refusé de modifier des procès-verbaux.


D’un autre côté, l’homme de loi déplore la situation sécuritaire dégradante du pays qui n’épargne aucune couche sociale et professionnelle de la population, précisément le système judiciaire, soulignant les nombreux cas de kidnapping de ses collègues sur la route numéro 2. Mais aussi, les gangs qui ont poussé des greffiers à abandonner leurs maisons, d’autres qui ont vu incendier leurs demeures par des bandits. « Les greffiers qui accompagnaient le magistrat du tribunal de Cité Soleil ont dû laisser la zone en raison des persécutions des gangs qui ont fermé ce tribunal, puis incendié leurs maisons », a fait savoir Walcker Martin Ainé.


Plus loin, le président de L’ANAGH affirme que les différents tribunaux du pays sont en manque de personnel. Certains magistrats et juges de paix n’habitent pas dans les parages des locaux des tribunaux. Ce qui ne facilite du tout pas le fonctionnement du système judiciaire. « Dans certains endroits, il est très difficile de faire un constat, car le juge de paix doit parcourir des kilomètres, ce qui peut prendre parfois des jours », a-t-il déclaré soutenant que l’appareil judiciaire du pays est un peu dysfonctionnel.


Il souligne que la dernière vague de certification qu’a effectuée le Conseil supérieur du Pouvoir judiciaire complique beaucoup plus le fonctionnement des tribunaux, qui déjà n’avait pas assez de personnes pour faire le travail. Selon lui, les responsables du CSPJ devraient réviser cette liste.


L’ANAGH sollicite l’intervention du Premier ministre Ariel Henry pour permettre à d’autres greffiers de rejoindre les tribunaux des différentes régions du pays qui sont à court des professionnels nécessaires à leur fonctionnement.


Enfin, l’Association nationale des greffiers haïtiens sollicite « la collaboration de tous les greffiers de la République et demande également au ministère de la Justice, à l’Office de protection du citoyen et à la communauté internationale d’apporter leur support pour le respect des droits de ces Greffiers en leur qualité de citoyens et fonctionnaires de l’État, garantis et protégés par la Constitution haïtienne », conclut la note.


Sheelove Semexant

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