De septembre 2022 à février 2023, au moins 4,7 millions de personnes concernées par l’insécurité alimentaire
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Le Gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture, compte embaucher cette année un programme de protection et de promotion sociale à travers les dix départements du pays, afin de répondre aux besoins urgents de 4,7 millions de personnes de la population touchées par l’insécurité alimentaire. Par ce programme, les autorités gouvernementales souhaitent relever la production nationale et créer près de 40 000 emplois temporaires sur une période de 40 jours, dans des actions de curage, reprofilage et réparation de système d’irrigation, travaux de réhabilitation et de conservation de sols.
« De septembre 2022 à février 2023, 4,7 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, dont environ 19 200 personnes en situation de catastrophe alimentaire, notamment à Cité Soleil. 18 % de la population analysée (environ 1 800 000 personnes) sont classés en phase 4 de l’IPC (Urgence) et 29 % (environ 2 900 000 personnes) en phase 3 (Crise) », a fait savoir le Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA), dans son bulletin # 4, publié en décembre 2022. En outre, le panier alimentaire a augmenté à un rythme mensuel moyen de 12 % et de 98 % en glissement annuel. Cela est dû à une augmentation du prix de tous les produits qui composent le panier, notamment la farine de blé, le maïs, l’huile végétale et le riz, a-t-il poursuivi.
Comme causes ayant provoqué cette augmentation de prix des produits de première nécessité sur le marché, le CNSA rappelle la dépréciation continue de la gourde par rapport au dollar américain, l’insécurité accrue, ayant limité l’approvisionnement du marché, la hausse des prix et la persistance de la rareté du carburant ainsi que la mauvaise performance de la campagne agricole de printemps, au niveau local. De fait, comme facteur externe, ayant influencé l’augmentation du coût des produits, les prix du riz ont augmenté mensuellement (2 %) et annuellement (21 %) en octobre 2021 sur le marché mondial. Le prix du maïs a été également en hausse mensuelle (10 %) et annuelle (44 %). Les prix du blé en octobre 2022 ont été aussi orientés à la hausse de 5 % en glissement mensuel et de 24 % en rythme annuel, indique l’institution.
Comme réponse à ce fléau alimentaire qui touche presque la moitié de la population haïtienne; le Gouvernement a organisé ce 6 janvier, une cérémonie de présentation du sous-programme sectoriel de sécurité alimentaire ministère de l’Agriculture. « Par cette initiative, le Gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture, entend mettre en place un programme de protection et de promotion sociale, et disposer d’un appui spécial à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les 10 départements du pays (...). Ce projet entend répondre aux besoins urgents de la population dont 4,7 millions se trouvent déjà en insécurité alimentaire », a annoncé le bureau de communication de la Primature.
Parallèlement, le Gouvernement prévoit de fournir un appui ciblé à la production agricole en garantissant aux planteurs, cultivateurs et agriculteurs un meilleur accès aux intrants et à la préparation du sol, la mise en place et la réparation des pompes hydrauliques et solaires et des plans d’eau et un renforcement des filières de l’élevage. Il compte aussi, à travers ce projet, de développer une série d’activités à haute intensité de main-d’œuvre dans les zones ciblées par des actions de curage, de reprofilage et réparation des systèmes d’irrigation, la protection et la revégétalisation des berges, les travaux de réhabilitation et de conservation de sols. Près de 40 000 mille emplois temporaires, sur une période de 40 jours en moyenne, vont être créés, en vue d’une réponse efficace aux urgences liées à l’insécurité alimentaire qui plane sur le pays et rend très vulnérable les populations des départements de la Grand’Anse, des Nippes, de l’Artibonite, du Nord-Est, du Nord-ouest, et des quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince, a fait savoir les autorités gouvernementales.
Généralement, le sous-programme sectoriel de sécurité alimentaire consiste à améliorer la disponibilité des produits agroalimentaires locaux à court terme, à faciliter en quantité et en qualité suffisante des produits aux ménages par le désenclavement des routes rurales sur une période de 9 mois (de janvier à septembre 2023). Selon le CNSA, le coût nominal moyen du panier alimentaire en novembre 2022 a été d’environ 5,332 gourdes par personne par mois soit 26,660 gourdes pour une famille de 5 personnes contre 4,782 gourdes en octobre 2022 soit une augmentation mensuelle de 12 % et de 98 % en rythme annuel. Pour faire face à ce problème et limiter les dégâts, le conseil recommande aux acteurs de pratiquer l’agriculture durant les saisons de culture, mais aussi la stabilité du marché et un climat de sécurité pouvant faciliter l’approvisionnement des espaces géographiques et les différents points commerciaux du territoire. Donc, de meilleures conditions socio-économiques et politiques faciliteront une meilleure performance du secteur agricole, selon le MARNDR (ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural).
Oberde Charles
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