Mission de l’OEA : Jerry Tardieu apporte des précisions
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Pour aider les acteurs haïtiens à faire face à la crise multidimensionnelle, l’OEA a décidé d’envoyer une mission diplomatique en Haïti. Composée d’ambassadeurs de plusieurs pays membres, dont des États-Unis et du Canada, la mission présente sur le territoire depuis le début de la semaine, a rencontré le pouvoir, des acteurs politiques de l’opposition et la société civile. L’idée est de convaincre les acteurs de la nécessité d’un accord politique inter haïtien.
Pour ceux qui croient que la délégation de l’OEA est une mission de médiation, l’ancien député Jerry Tardieu a apporté certaines précisions. Lors d’une interview exclusive accorde au journal, ce mercredi, le coordonnateur national d’En Avant qui a participé aux réunions entre les émissaires de l’OEA et la classe politique, a confié au journal que l’objectif de cette mission est uniquement d’écouter les acteurs. Selon l’ancien député de Pétion-ville, les diplomates ne sont pas là pour arbitrer un processus de dialogue entre l’opposition et le pouvoir en place, mais de préférence pour écouter les acteurs et les encourager à trouver une solution inter haïtienne à la crise qui secoue le pays depuis de nombreuses années.
C’était éventuellement l’occasion pour Jerry Tardieu et ses autres collègues de la classe politique d’exposer aux émissaires de l’OEA le plan macabre de Jovenel Moise pour le pays et ses projets d’élections et de referendum constitutionnel à sens unique. D’après Jerry Tardieu, Jovenel Moise veut imposer à la nation un referendum illégal, inconstitutionnel, impopulaire, et illégitime, dans un contexte où des gangs armés ont le contrôle du territoire et défient la Police nationale d’Haïti (PNH). Jerry Tardieu croit qu’il est temps de regarder les puissances de la communauté internationale en face et de les faire comprendre que cette situation qui se perpétue en Haïti est insoutenable et révoltante.
En outre, le responsable national d’En Avant annonce avoir partagé la position de sa classe politique aux envoyés de l’OEA. Insérée dans l’accord politique du 5 juin 2021, signé par plus d’une dizaine de structures, dont le Mouvement national pour la transparence, En Avant, MTVAYITI, DIRPOD, Entente, Operasyon tèt ansanm, FND, INIFOS, Verite, Veye yo, MOCHRENA, OPL, AAA, et Fusion des sociaux-démocrates, etc., cette position comprend, entre autres, la démission du chef de l’État haïtien et l’installation d’un gouvernement d’entente nationale. Ce gouvernement, poursuit M. Tardieu, aura pour tâche principale d’organiser des élections générales, honnêtes et crédibles, avec un conseil électoral provisoire qui inspire confiance.
Depuis 2018, les acteurs politiques demandent la démission du chef de l’État. Mais le président Jovenel Moise sait pertinemment comment tirer sur la corde pour tenir le pouvoir jusqu’en février 2022. À présent, seulement quelques mois le séparent de son objectif. Pourtant, Jerry Tardieu espère encore à un ultime sacrifice de la part du chef de l’État qu’il invite d’ailleurs à tirer sa révérence afin d’empêcher au pays de plonger dans un chaos total. N’importe quel accord politique exige nécessairement la compréhension, la bonne foi et le sens du patriotisme de l’équipe au pouvoir et de la société civile. En ce sens, Jerry Tardieu n’exclut pas la possibilité d’un nouvel accord avec les autres forces politiques du pays. Le leader politique qui invite la population à garder l’espoir précise que l’accord du 5 juin n’est qu’un début de proposition de sortie de crise. La porte aux discussions n’est pas fermée, selon l’ancien parlementaire qui invite les autres forces politiques à s’asseoir en vue de renforcer cet accord et de sortir le pays de cette impasse.
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