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G9 ou l’expression de la défaillance de la force publique

G9 ou l’expression de la défaillance de la force publique

Dans une vidéo d’environ 5 minutes vue par le National sur les réseaux sociaux, des dizaines d’individus encagoulés, armés de machettes et de fusils de grands calibres, debout dans ce qui semble être un quartier de Bas Delmas, lançaient un appel au déchoucage. Ce qui témoigne clairement de la faiblesse, suivi d’une démission de l’État haïtien.

Alors que la situation des déplacés de Bel’Air, de Martissant et de Bas Delmas ne fait qu’empirer, les bandits armés lancent de nouvelles hostilités. Mardi soir, toujours dans le cadre d’une bataille pour le contrôle des territoires, des groupes armés ont frappé à Martissant et à Laboule 12. Mais ce mercredi, ils se sont donné plus de liberté en se faisant passer pour les défenseurs de la population, l’invitant à investir les magasins et entreprises de la capitale et de récupérer entre les mains des riches ce qui leur revient de droit.

Ce qui est en train de se passer dans le département de l’Ouest du pays est très préoccupant. Depuis quelques années, les bandits armés ne cachent plus. Pourtant, vers les années 2009, ils étaient proches d’un total démantèlement. Aujourd’hui, le laxisme des autorités renforce les gangs armés dans leurs exactions. Et dans la plupart des cas, autorités étatiques et gangs armés se mélangent en Haïti. Depuis quelque temps, la Police nationale d’Haïti (PNH) ne fait qu’assister aux débats sur l’insécurité comme tout le monde.

G9 est en train de profiter d’un vide. Celle de la défaillance des institutions de la force publique qui n’ont plus les moyens nécessaires pour faire maintenir l'ordre, la sécurité et de l'exécution des lois dans le pays. L’équipe en place ne vise qu’à conserver son pouvoir, même si cela doit passer par une destruction totale des institutions républicaines. Les événements des dix dernières années de l’ère PHTK en disent long sur le comportement des dirigeants de cette chapelle politique.

Ce n’est pas une première fois que des groupes armés baladent sur les réseaux sociaux aux fins d’exhiber leur action de terreur et des matériels qu’ils ont à disposition. Souvent, ces bandits ont des avis de recherche émis contre eux. L’institution policière échoue presqu’à chaque tentative de délogement des bandits armés. Mais le pouvoir en place n’a jamais ressenti la nécessité de mieux outiller les agents dans l’idée de contrecarrer les bandits qui sèment la terreur et le deuil au sein de la population civile haïtienne.

Un rapport de l’OCHA sur la situation humanitaire en Haïti fait état de 95 gangs armés qui contrôlent le 1/3 des territoires de la capitale. D’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires en Haïti, ces gangs sont de plus en plus engagés dans des affrontements armés, affectant la vie d'environ 1,5 million de personnes. C’est une réalité facile à démontrer ces derniers temps avec notamment la situation qui règne à Martissant, Bel’Air, Bas Delmas, Cité Soleil, et beaucoup d’autres endroits de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Depuis le 1er juin, les activités et les affrontements des gangs se sont accélérés à Port-au-Prince. Ce qui, d’après l’OCHA, a causé le déplacement des milliers de personnes. Loin de chez eux et sans abri, les enfants déplacés vivent dans la peur, l'anxiété et le traumatisme, perdant automatiquement l’accès aux services d'éducation, de santé, de nutrition et de loisirs. Ils deviennent plus vulnérables et sont plus exposés à la violence et aux abus sexuels. Les trois sites les plus touchés sont : Martissant / Fontamara (estimé 6 600 déplacés), Bel-Air / Tabarre-Issa (estimé 3 800 déplacés) et Bas-Delmas (estimé 7 000 déplacés).

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