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L' argent du PSUGO est détourné à des fins politiques, a dénoncé le CEREH

L' argent du PSUGO est détourné à des fins politiques, a dénoncé le CEREH

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Des directeurs d'école regroupés autour du Collectif des éducateurs pour le renouveau de l'éducation en Haïti (CEREH) ont félicité la Cour d'appel aux États-Unis qui vient d’autoriser les poursuites dans l'affaire, portée devant les tribunaux américains, de la taxation de 1,50 $ imposée par les autorités haïtiennes sur les transferts d’argent vers Haïti.. Par ailleurs, ces éducateurs affirment que les dirigeants haïtiens ont utilisé cet argent pour alimenter les gangs et construire leur capital politique.

Au départ, le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) avait pour objectif de scolariser « plus d’un million d’enfants » pendant cinq ans, a fait savoir le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). L’administration de Michel Martelly avait fait des projections sur 43 millions $ US chaque année pour la réalisation de ce programme. Le PSUGO devrait payer les frais scolaires pour les élèves scolarisés en 1er et 2e cycles (école fondamentale) à hauteur de 250 gourdes (6 $ US) pour chaque élève dans les écoles publiques et 3,600 gourdes (90 $ US) pour chaque élève dans les établissements privés.  Parallèlement, le PSUGO visait à mettre l’école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des professionnels de l'éducation, payer les frais scolaires pour les jeunes écoliers haïtiens comme  la Constitution de 1987 le stipule dans son article 32 : « l’État garantit le droit à l’éducation ».

Cependant, le PSUGO n'a pas donné les résultats escomptés. Depuis l’administration de Martely, le programme accumulait des ratés dans le paiement des écoles contractuelles. Sous l ;administration de Jovenel Moïse, ainsi que sous celle de Jocelerme Privert, aucun versement n'a été fait aux directeurs des écoles bénéficiaires de ce programme. Depuis, le nombre des directeurs d'école déçus a grossi.

À Musseau, devant les locaux de l'Inspection générale du MENFP, les directeurs d'école, regroupés autour du Collectif des éducateurs pour le renouveau de l'éducation, ont une fois de plus manifesté contre les dirigeants qui n'ont rien fait pour accompagner les écoles et revenir avec le PSUGO. Selon Patrice Célestin, le porte-parole du CEREH, après le gaspillage des 4 milliards de dollars du fonds PetroCaribe, c'est l'argent du PSUGO que des acteurs politiques, des membres du secteur privé et autres avaient décidé de détourner. « Ils ont pris l'argent des appels et des transferts de nos compatriotes, ils l'ont utilisé pour leur enrichissement et à des fins politiques (...) Ils l'ont utilisé pour financer les gangs alors que les fils et filles démunis  de ce pays n'ont pas les moyens pour aller à l'école. Ainsi nous voulons que des enquêtes soient menées pour que ces bourreaux puissent être traduits devant la justice et dédommager le peuple haïtien », a-t-il souligné. 

Ainsi, Alcé  Robenson l'un des directeurs protestataires a félicité cette Cour d'appel des États-Unis qui a autorisé des poursuites dans le cadre du dossier « 1,50 $ »  devant les tribunaux suite à l’insistance de membres de la communauté haïtienne au niveau de la diaspora. En effet, il estime que c'est un grand mal que les administrations de Martely, de Privert et du défunt Jovenel Moïse ont fait à la population haïtienne. « Ils doivent répondre aux questions de la justice pour la violation de ce programme et les divers abus faits à la population haïtienne », a-t-il conclu!

 

Oberde Charles

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