Transition: on en parle de moins en moins
Le discours et le ton ont changé. L'instauration d'une transition au plus vite pour le remplacement de Jovenel Moise semble n'être plus, pour l'heure, la préoccupation de l'opposition. La « caducité » du Parlement, parait-il, suscite beaucoup plus d'intérêts.
. Depuis le 13 janvier 2020, tous les débats s'articulent autour de cette question: la légalité ou non de la décision présidentielle de renvoyer neuf sénateurs en plus de neuf autres en fin de mandat non contestable.
L'opposition silencieuse, depuis les visites des émissaires américains, n'a pas capitulé selon ses chefs de file. La mobilisation pour chasser Jovenel Moïse du pouvoir, va reprendre sur toute l'étendue du territoire national afin de défendre, disent-ils, les acquis démocratiques menacés par les velléités du chef de la nation d'instaurer une dictature dans le pays. On n’entend plus parler des dispositions prises par l'opposition pour remplacer le chef de l'état. En même temps, des spéculations font croire que l'Accord de Marriott nage en eaux troubles.
Selon les signataires du Consensus de Port-au-Prince, tout était déjà prévu pour remplacer le président de la République. Son successeur était, selon eux, déjà choisi. Une commission travaillait ardemment pour déterminer les membres de la Commission nationale de transition et du nouveau chef de gouvernement. Cette commission, malheureusement, avait annoncé que l'Alternative consensuelle avait entravé le processus. Cette coalition radicale de l'opposition malgré son privilège de préséance pour proposer des noms pour le choix du nouveau PM, n’avait rien fait. Le processus, depuis, demeure lettre morte.
Suivant la conjoncture, l'idée de remplacer Jovenel Moise avant le terme de son mandat n'est pas enterrée. Cependant, les moyens d'y parvenir, vraisemblablement, font défaut aux membres de l'opposition. À présent, constate-t-on, les radicaux, de façon aléatoire et opportuniste, sont en quête de nouveaux faux pas du chef de la nation pour lui mettre les bâtons dans les roues. Toutefois, le désir de remplacer le dauphin de Michel Joseph Martelly s'est totalement refroidi.
Daniel Sévère
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