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Le secteur des droits humains écarté du CEP?

Le secteur des droits humains écarté du CEP?

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Des regroupements politiques et de la société civile multiplient les démarches en vue de pourvoir au remplacement des autorités en place le 7 février qui s'en vient, date interprétée, par certain, comme celle du départ du Premier ministre Ariel Henry puisqu’il a été nommé par feu président Jovenel Moïse dont le mandat aurait du prendre fin à cette date. De son côté, le neurochirurgien met le cap vers la tenue des élections et annonce que des pourparlers sont en cours pour la création d'un conseil électoral avant le 7 février prochain.

Au cours d'une rencontre avec le Sénat de la République, le Premier ministre Ariel Henry n'a pas mâché ses mots. Pour lui, il n’y pas de place au doute pour le 7 février : « il n'y aura pas de président au Palais national ». Il annonce de préférence un conseil électoral, en cours de constitution, suivant les rencontres effectuées avec différents secteurs du pays sera présenté à la nation, a-t-il ajouté.



Le secteur des droits humains figure généralement parmi la liste des secteurs qui délèguent un membre au CEP. Mais, dans le cadre des démarches entreprises par le pouvoir en place, certaines organisations militant dans le milieu n'ont pas été contactées. C'est le cas du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).



La réponse de la responsable de programme de cette structure, Marie Rosie Auguste Ducénat, informe que le RNDH n'a pas été approché par l'administration en place dans la perspective de la mis sur pied d'un CEP. La militante des droits humains déclare que le RNDDH déclinerait une telle invention, arguant que le pays fait face à des problèmes beaucoup plus urgents que des élections.

Mme Auguste invite les autorités étatiques à se pencher sérieusement sur le phénomène de l'insécurité généralisée s'ils veulent rendre possibles ces scrutins annoncés. « Comment des élections peuvent-elles se tenir dans un pays où des communes sont sous le contrôle de bandits armés, comment des candidats feront-ils campagne? », se demande Mme Auguste.

Du côté de la plateforme des organisations haïtiennes droits humains (POHDH), c'est le même son de cloche. Aucune invitation visant la création d'un CEP n'a été acheminée à cet organisme, selon Alermy Tervilus responsable de cette structure qui soutient que le POHDH n'a nullement l’intention d'intégrer un conseil électoral formé par le Premier ministre Ariel Henry.

 

Alermy Tervilus estime que l'occupant de la Primature n'a pas de légitimité suffisante pour convoquer le peuple en ces comices, voire constituer un conseil électoral provisoire. Tout en soulignant la situation sécuritaire dégradante, l'homme de loi croit que le chef du gouvernement devrait plutôt se mettre à la disposition de la justice par rapport aux suspicions de son implication du complot qui a conduit à l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.

Docteur Henry a exprimé sa position à plusieurs reprises. Son souhait est de céder le pouvoir à un président élu. Pour y parvenir, il est en train de former un conseil électoral ;  pour l'instant, sans le secteur des droits humains. Parallèlement d'autres secteurs ont déjà enclenché une procédure en vue de désigner à la fin de ce mois, un président et un nouveau Premier ministre. Véritable imbroglio.

 

Esdra Jeudy

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