106 ans après la première occupation américaine !
Après 106 années depuis la première intervention militaire des États-Unis d’Amérique en Haïti, la situation sociopolitique actuelle du pays est presque identique qu’au début du 20e siècle. Le professeur d’histoire et politique, Victor Benoit, appelle à un compromis pour éviter au pays de sombrer dans une énième occupation américaine.
Avec une crise politique aiguë depuis des mois et l’assassinat crapuleux du président Jovenel Moise le 7 juillet dernier, la situation du pays se rapproche davantage du climat d’incertitude du début du 20e siècle qui a conduit à la première occupation militaire américaine en Haïti. Si le gouvernement intérimaire de Claude Joseph a sollicité, quelques heures après la mort du président Jovenel Moise, une nouvelle intervention militaire des USA en Haïti, le professeur d’histoire et politique Victor Benoit croit que le pays, présidé par Biden, n’a pas une politique interventionniste. Et, il estime également que le contexte actuel n’est pas approprié comparativement à celui de 1915 et 1994.
Selon Victor Benoit, l’occupation américaine de 1915 a été surtout favorisée par une situation anarchique et une classe politique qui appelait à une intervention militaire des USA. En revanche, le professeur d’histoire a souligné qu’il n’y a pas actuellement une situation anarchique et une classe politique favorable à une intervention militaire des Américains en Haïti. Il indique que les acteurs politiques rejettent cette idée.
Cependant, Victor Benoit n’épargne pas une intervention militaire américaine en Haïti au cas où l’intérêt géopolitique des États-Unis d’Amérique serait menacé, à cause de la dégradation accélérée du climat actuel qui, pourtant, est déjà une préoccupation pour des acteurs nationaux et internationaux. En ce sens, il a expliqué que les USA appliqueront la doctrine de Monroe.
Pour éviter que le pays connaisse une nouvelle intervention militaire, Victor Benoit appelle les acteurs politiques à assumer leurs responsabilités afin de trouver le compromis nécessaire. Ce dernier doit permettre aux politiques de se mettre d’accord sur le plus petit dénominateur commun pour instaurer l’ordre dans le pays, d’après l’ancien dirigeant du parti Fusion des socio-démocrates. « Il n’y a qu’une seule alternative, c’est l’union », a précisé Victor Benoit pour barrer la route à une éventuelle intervention militaire des USA en Haïti.
Pour Victor Benoit, il faut se mettre d’accord sur la façon à enrayer la question du banditisme dans le pays, afin que le peuple lui-même ne réclame pas une intervention militaire. Il explique qu’on doit créer aussi les conditions pour arriver à l’organisation d’élections générales potables dans le pays au cours de l’année 2022. Selon lui, cela doit passer par l’apaisement de la tension politique, la mise en place d’un nouveau Conseil électoral provisoire (CEP).
La première occupation américaine n’a pas été profitable au pays
Pour le professeur d’histoire Victor Benoit, la première occupation américaine n’a pas apporté de grandes choses pour le pays comparativement à d’autres États dans la région. « Il n’y avait pas de grands investissements dans l’économie du pays », a-t-il fait savoir. Il a relaté qu’après, le pays est toujours resté dans le sous-développement. Pour la première fois, au 20e siècle, peu de temps après l’occupation, de nombreux Haïtiens sont obligés de migrer vers Cuba et République dominicaine comme travailleurs, a-t-il fait remarquer. M. Benoit a indiqué que l’occupation américaine a favorisé la continuité des préjugés coloniaux sur la question de couleur.
Entre autres, s’il est vrai que le pays n’est pas sous une occupation militaire des USA, cependant, la communauté internationale, principalement les USA, joue un rôle prépondérant dans la prise de décision des autorités haïtiennes. La plupart des acteurs politiques d’Haïti au cours de ces 30 dernières années se soucient de la position ou de l’avis de la représentation diplomatique des États-Unis en Haïti avant d’agir.
Woovins St Phard
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