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Haïti: des bacheliers sceptiques pour leur avenir

Haïti: des bacheliers sceptiques pour leur avenir

Du lundi 26 au jeudi 29 juillet, 124 677 candidats ont été attendus aux épreuves du baccalauréat dans tout le pays. À en croire le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, les examens se sont bien déroulés dans l’ensemble. Questionnés ce jeudi sur leur avenir, des bacheliers se disent très méfiants, car la situation sécuritaire du pays est très précaire.

Dans un contexte très difficile, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a réussi son pari de réaliser les examens officiels dans tout le pays. Ce jeudi 29 juillet 2021, les candidats en Philo ont composé le matin en physique et en espagnol (uniquement pour la Philo C) cet après-midi. Quant au Secondaire rénové (S4), les candidats pour toutes les séries ont composé ce matin en mathématiques et en créole dans l’après-midi. Les candidats de la série lettres, langues et arts qui ont subi, en plus, l'épreuve d'espagnol.

Dans une interview téléphonique accordée à la Radio Télévision Pacific et au journal Le National ce jeudi, le directeur de communication du MENF a indiqué que les examens de la Neuvième année fondamentale ainsi que ceux pour la Fin d'études secondaires (Philo et S4) se sont bien déroulés dans l’ensemble. M. Vincent a seulement souligné quelques cas de retard ainsi que de certains candidats qui avaient des problèmes pour leur fiche d’examens. « Nous saluons tous les partenaires ainsi que tous les acteurs qui nous ont accompagnés pour la réussite de ces examens », a fait savoir M. Vincent tout en précisant que demain vendredi 30 juillet, les candidats en Secondaire 3 sont attendus pour la passation de l'épreuve anticipée de français dans des centres de regroupements.

Tout en croyant que l’éducation est le plus grand bien qu’un enfant peut avoir, M. Vincent a fait savoir que le cap est mis sur la correction des copies. Selon le directeur de communication, le MENFP va travailler afin de rendre les résultats disponibles dans un délai d’environ 1 mois. « Avant la rentrée qui est prévue au 6 septembre 2021, dit-il, nous allons essayer de mettre les bouchées doubles pour proclamer les résultats afin de permettre à ceux et celles qui vont à l’université ou qui vont passer en classe supérieure de continuer leur cheminement ».

Au cours d’une visite effectuée ce jeudi au centre d’examens du Lycée Marie Jeanne, se trouvant à l’Avenue Jean Paul 2, plusieurs bacheliers ont expliqué que l’insécurité grandissante a gâché en quelque sorte leur année scolaire en termes de formation. « L’examen n’a été ni, ni facile ni difficile seulement, il te faut du bon sens. Nous aurons pu maitriser beaucoup plus de choses durant l’année scolaire, mais nous n’avons pas pu voir tout le programme. Pour aller à l’école, il faut voler par-dessus des barricades, car les routes sont bloquées », a expliqué un jeune bachelier issu du Lycée Toussaint. Le jeune a aussi expliqué qu’il n’a pas eu la chance de suivre un séminaire d’orientation professionnelle. Sur ce point, un candidat scolarisé au Lycée Pétion a expliqué le même cas de figure. « Les élèves ont pu se rendre au Lycée malgré des désordres, des tirs nourris parce qu’ils ont des uniformes. Mais les professeurs, non ».

En effet, à la question « qu’allez-vous faire après le baccalauréat ? », beaucoup de bacheliers se disent sceptiques pour leur avenir. « Je me demande qu’est-ce que l’État de mon pays me réserve ? Quelle université je vais fréquenter », s’interroge le jeune lycéen tout en ajoutant qu’il aime l’agronomie. Face à la situation du pays qui ne cesse de se détériorer, un autre jeune du Lycée Toussaint habitant à Martissant se dit aussi très inquiet. « Est-ce que ce que je vais apprendre va me permettre de rentrer quelque chose en retour », dit-il, sachant que de nombreux jeunes diplômés sont au chômage.

« Je vous en prie mes dirigeants, ne donnez pas d’armes dans les ghettos… donnez-nous de préférence des livres, de la bonne éducation, construisez des hôpitaux, des routes…Nous n’en pouvons plus, car il n’y a pas de l’État, pas de justice…», a lancé le jeune lycéen en guise de message.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

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