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Gonaïves : les enseignants se prononcent contre la réouverture des classes

Gonaïves : les enseignants se prononcent contre la réouverture des classes

Plusieurs organisations syndicales d’enseignants se sont exprimées contre les mauvais traitements. Les enseignants, qui crient leur ras-le-bol, annoncent des mouvements radicaux dans les prochains jours malgré l'interdiction des rassemblements dans les mesures prises pour combattre la pandémie.

Dans une conférence de presse donnée ce mercredi matin au local de l’école nationale Jules Zéphyrin, les enseignants de l'Artibonite (aux Gonaïves) ont fixé leur position sur la probabilité de la réouverture des classes dans les mois à venir. Au cours de cette conférence de presse, ces enseignants ont présenté un ensemble de revendications qui, selon eux, doivent être prises en compte rapidement pour éviter un changement de phase dans le mouvement.

Dans la liste des revendications lues par le professeur Sadrack Deshommes, coordonnateur du Regroupement national des éducateurs haïtiens, on peut noter: une carte de débit pour tous les enseignants, l’établissement d'une grille salariale, le paiement des arriérés de salaires des professeurs nommés depuis au moins deux ans, les lettres de nomination pour les enseignants qui sont en salle de classe et enfin un salaire de base de 75 000 gourdes comme unique condition pour la réouverture des classes.

Lorking Célamy, coordonnateur départemental de RENATEPH, a, pour sa part, utilisé un ton plus ferme : « nous, enseignants dans l'Artibonite, sommes à bout de souffle. D'ailleurs nous n'avons pas d'autres activités que l'enseignement. Depuis dix-neuf mars, Jovenel Moïse a annoncé la fermeture du pays et effectivement il l’a fait. Et maintenant il se sent tellement confortable, qu’il a prolongé le confinement. Cependant, il n'a pas tenu aucune promesse de tout ce qu'il a promis à la population et aux enseignants. Nous décrétons la permanence, nous, enseignants de l'Artbonite, nous exigeons qu'il y ait quelqu'un pour nous recevoir à tout moment. Nous profitons du moment pour adresser un message au commissaire de la police pour le demander de réviser son cahier. Nous savons qu'il a la mission de protéger la population. Mais, nous sommes des professeurs pas des bandits. Dès que nous annonçons que nous irons au bureau départemental, la police est déjà là très tôt lourdement armée pour nous donner des gaz lacrymogènes. Alors que nous n'allons pas briser les vitres des voitures. Premier ministre Joseph Jouthe, vous aviez dit que vous ne savez pas ce que vous faites. Mais, nous professeurs, nous savons ce que nous voulons. Si vous ne pouvez pas répondre aux revendications, dégagez ! »

De son côté, Didier Pierre, coordonnateur de la Plateforme des syndicats d'enseignants de l'Artibonite a affirmé que : « nous voulons annoncer que nous n'allons pas nous laisser intimider par des décrets "machòkèt". Nous avons entendu que la réouverture de l'école est prévue pour le mois d'août. Si c'est Jovenel Moïse, Jouthe Joseph ou Pierre Josué Agénor Cadet qui iront dans les classes, ok. Mais personne ne doit compter sur les professeurs pour retourner dans les salles de classe. La fermeture des classes est irrévocable. Désormais, la lutte des enseignants va être radicalisée. Comment comprendre que les 500 millions de gourdes de support aux enseignants non publics qui ont été décaissés n'ont jamais été livrés aux professeurs. Où est passé cet argent ? ».

Lesly Succès

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