«TOKAY» dénonce une tentative de banalisation des mairies
«Tonèl kominal Ayiti (TOKAY)» dénonce une tentative de banalisation des agents de mairies par le Pouvoir exécutif. Si ces derniers sont remplacés, au cours du mois de juillet, sans aucun doute, par des agents intérimaires, cela résulte de la volonté du Pouvoir central qui a besoin de bloquer le processus de décentralisation et ignorer les demandes de la population locale.
«Nommer des agents à la tête des collectivités municipales est une forme de banalisation de l'existence des collectivités», dénoncent les responsables de «TOKAY». Ils mettent en garde contre certains citoyens qui, selon eux, font preuve d’une complicité avec l’Exécutif en essayant, d’une manière ignoble, d’arriver à la haute fonction municipale aux services d’un Exécutif défaillant.
Composée de jeunes sociologues, économistes et juristes compétents maitrisant la notion des collectivités, l’association«TOKAY» s’engage, depuis des lustres, à montrer à la population haïtienne en général et celle de Saint-Marc en particulier que les collectivités, elles, constituent un pouvoir indépendant au même titre que l’Exécutif. «Nous saisissons cette occasion pour rappeler aux personnes concernées que ce sont les élections qui déterminent les individus compétents pour gérer leurs communautés», ont écrit les membres de ladite association, dans une note. Cela signifie, expliquent-ils, que c’est la population de la collectivité qui décide à qui elle accorde sa confiance via les principes de la démocratie.
Puisque les élections pour remplacer les élus des collectivités n’ont pas eu lieu, que prévoit la loi mère du pays ? se questionne-t-on. «Le Conseil municipal ne peut être statué légalement par le tribunal compétent. En cas de dissolution, le Conseil départemental comblera immédiatement la vacance et notifiera au Conseil électoral permanent (CEP) dans les soixante (60) jours à compter de la date de dissolution en vue de l'élection d'un nouveau Conseil devant gérer les intérêts de la commune pour le temps restant à courir. Cette procédure s'applique en cas de vacance tout autre pour cause», ont-ils cité tout en reconnaissant que ce cadre figure n’est pas possible. Car, éclaircissent-ils, le Conseil départemental n'est pas en place et que le CEP n’est qu’un rêve.
La nomination des agents à la tête des collectivités est une vache à lait. Face à cela, «TOKAY» avertit l’Exécutif qu’elle ne fermera pas ses yeux sur cette réalité et rappelle à la population les séquelles que les agents intérimaires avaient laissées. Au cours de la première version du régime PTHK, soit de 2011 à 2016, des agents exécutifs intérimaires ont favorisé le clientélisme politique, instauré le népotisme et transformé les mairies en propriété privée, ont-ils souligné.
Si, d’une part, «TOKAY»n’opte nullement pour le remplacement de maires élus par des agents exécutifs par intérim, elle propose, de l’autre, des alternatives consensuelles visant à combler les vacances là où les conseils sont démissionnaires, le cas de la commune de Saint-Marc, par exemple.
Basé dans la cité de Nissage Saget, «TOKAY», selon le jeune sociologue Evens Victor, le coordonnateur général, est une association qui se donne pour mission de lutter pour la démocratie, la participation et le développement local par une effectivité de la décentralisation en Haïti.
Fondée en décembre 2018 par des jeunes étudiants et professionnels du pays, elle comprend en son actif une centaine de membres.
Wilner JEAN
Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.
Pas encore de compte ? Inscrivez-vous
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.