Formation d’un nouveau CEP : l’opération s’annonce difficile
En fin de week-end, les 8 membres restants du Conseil électoral provisoire ont remis leur démission au président de la République, Jovenel Moise. À présent, le chef de l’État qui veut à tout prix réaliser les élections avant son départ au pouvoir se trouve dans l’impérieux besoin de former un autre conseil électoral. Mais c’est une opération qui s’annonce difficile dans la mesure où le chef de l’État a déjà perdu la confiance de pas mal de secteurs.
Dans la lettre adressée au président de la République, le CEP démissionnaire lui conseille de prioriser le dialogue avec les principaux secteurs de la vie nationale en vue d’aboutir à un consensus. Selon les membres démissionnaires, c’est une étape inévitable si on veut parvenir à une solution viable capable de juguler la crise que traverse le pays depuis plusieurs années. De plus, soulignent-ils, c’est une condition indispensable pour la fiabilité et la réussite de tout processus électoral. Mais peu avant, le CEP démissionnaire avait énuméré les conditions nécessaires pour la réalisation d’élection dans le pays.
Entre autres recommandations, le CEP a souligné un cadre légal appelé à régir les élections ; la mobilisation des moyens financiers, les moyens logistiques et sécuritaires nécessaires à la réalisation des opérations électorales ; la transmission dans un délai raisonnable par l’ONI des données nécessaires à une mise à jour fiable du registre électoral national ; la planification d’un environnement politique propice à la tenue d’élections inclusives et compétitives, des élections qui favoriseront la participation des partis politiques, de la société civile, des citoyens et citoyennes...
Pourtant, de tous ces recommandations et conseils, le dialogue s’impose toujours au cœur des débats. Le respect de ces recommandations doit nécessairement passer par le dialogue. Et pour former un nouveau conseil électoral provisoire, le chef de l’État va devoir composer avec les autres secteurs qui n’ont plus confiance en lui. Or, compte tenu de ses dernières déclarations, Jovenel Moise n’a plus l’intention de prendre la route du dialogue. Que ce soit dans le cadre des États généraux sectoriels de la nation ou du Pacte de gouvernabilité, sans oublier la dernière tentative avec la Passerelle, beaucoup d’énergie et d’argent a été dépensé dans cette logique durant près de 4 années sans aucun résultat.
Aujourd’hui, il est clair que le chef de l’État n’envisage plus de perdre son temps dans un autre processus de dialogue. Le temps n’est pas au dialogue. La fin de son règne est proche. Toute l’idée sera de forcer la réalisation des élections en procédant au plus vite à la formation d’un nouveau conseil électoral provisoire. Ce sera facile pour le président de trouver d’autres membres avec qui former un nouveau CEP, mais le problème, c’est que ce nouveau CEP sera sans doute contesté par l’opposition politique ainsi que les autres secteurs de la vie nationale. Donc, ce sera une opération difficile dans la mesure où le président pourrait procéder à la formation d’un CEP illégitime qui n’aura pas la capacité de travailler, encore moins la capacité de réaliser les joutes électorales. Une situation qui ne fera qu’aggraver la crise politique que traverse le pays actuellement.
Évents REGIS
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