La grève des greffiers, dans les 18 juridictions, se poursuit
Depuis plus de deux semaines, les greffiers de toutes les juridictions du pays observent une période de grève en vue de réclamer de meilleures conditions de travail. Ajustement salarial, carte de débit, la publication d’un statut particulier, implémentation d’un plan de sécurité autour des tribunaux, sont, entre autres, les revendications des greffiers.
Dans une interview exclusive accordée à la rédaction, le responsable de l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), Me Ené Martin, confirme la poursuite de la grève des greffiers entamée depuis le 28 juillet dernier, dans les 18 juridictions du pays. Ce, dans l’objectif de contraindre les responsables du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), de respecter l’accord du 3 novembre 2017.
« Le ministère de la Justice s’était engagé à respecter les points de l’accord du 3 novembre 2017, en ajustant nos salaires, en publiant notre statut particulier, et en nous offrant une formation à l’école de la magistrature » indique le chef des greffiers haïtiens, fustigeant le comportement jugé indifférent des autorités.
Plus loin, Me Martin monte au créneau du ministre des Finances qui, dit-il, n’a pas honoré ses promesses d’émettre la carte de débit aux greffiers, arguant que le budget national est dans l’incapacité d’y répondre.
« Les juges de toutes les juridictions détiennent déjà leur carte de débit. Tandis que dans notre cas, aucune réponse rassurante n'est encore donnée à notre demande », martèle le greffier, dénonçant un misérable salaire de 29 000 gourdes, ce qui, selon eux, ne peut répondre à leur besoin ainsi que ceux de leur famille.
Me Ené Martin se dit aussi préoccupé par la remontée de l’insécurité dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, particulièrement au Bicentenaire où est logé le parquet de Port-au-Prince. Ce qui nuit au travail des greffiers de ce tribunal civil.
Toutefois, l’homme de loi informe que les greffiers ne mettront pas un terme à la grève que lors que les responsables du MJSP soient conscients de la précarité du système judiciaire en leur absence. Il dit espérer une intervention urgente, en vue de reprendre travail, aux bénéfices des justiciables.
Moise Saint-Eloi
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