Le ministère de l'Éducation nationale tente de bloquer le mouvement des enseignants
Pour dissuader le mouvement des professeurs qui sont contre la réouverture des classes, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle a décidé de transférer certains représentants du syndicat très influents. Ainsi, Rose Thérèse Magalie Georges et Wilbert Franck ont été transférés.
C’est un système éducatif méconnaissable après environ 5 mois de fermeture à cause de la propagation de la Covid-19. Entre le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et les enseignants du système éducatif public, les violons ne s’accordent pas. Si le titulaire du MENFP a endossé la responsabilité du gouvernement pour reprendre les activités scolaires le lundi 10 août, les enseignants ont choisi de faire peu de cas de cette réouverture pour protester contre les mauvais traitements dont ils sont soumis dans le système. Le MENFP réagit, des élèves gagnent déjà les rues.
Pour contrecarrer ce mouvement des enseignants publics à travers tout le pays notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, le ministère de l’Éducation a opéré des changements liés à l’affectation de certains enseignants. Les représentants du secteur syndical dans le système éducatif les plus influents ont été transférés de leurs postes respectifs. La directrice de l’école nationale de la République des États-Unis, Rose Thérèse Magalie Georges, est transférée au bureau du district scolaire de la Croix-des-Bouquets, sans tâche spécifique. Et, d’autres membres du syndicat de la zone métropolitaine auraient été transférés dans d’autres départements, selon les syndicalistes qui dénoncent l’injonction directe du ministre Agénor Cadet dans ces dossiers.
Des tractations pour dissoudre les luttes syndicales
« C’est une décision politique », a indiqué le secrétaire exécutif du Syndicat des employés du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (SEMENFP). Le syndicaliste estime que c’est une décision démagogique concoctée par le ministre Agénor Cadet pour dissoudre la lutte syndicale. Il dénonce l’intervention directe du ministre Cadet dans cette affaire qui concerne les ressources humaines. Pour Me Janvier, c’est inacceptable de transférer un enseignant de Port-au-Prince dans le département des Nippes ou de transférer une directrice d’école au BDS sans aucune fonction en perspective.
D’un autre côté, Estatin Janvier déplore le non-respect du protocole d’accord conclu entre le ministère et des syndicats en mai 2019. Ce protocole, qui devait entrer en fonction en octobre de la même année, n’est pas encore mis en application jusqu’à présent.
Entre autres, les syndicalistes du secteur éducatif réclament un ajustement de salaire pour pouvoir subsister par rapport au coût élevé de la vie et la dépréciation accélérée de la monnaie locale qui appauvrit de plus en plus les salariés en gourde. Ils demandent un alignement de salaires conforment aux conventions ratifiées par Haïti, « à travail égal salaire égal ». Il opte pour la résolution du problème d’assurance, dont le prélèvement est réalisé régulièrement sur leurs salaires. Et, ils sollicitent une carte de débit. Ils affirment que seuls les employés du MENFP ne bénéficient pas d’une carte de débit à cause de l’insouciance du ministre Agénor Cadet.
Le ministère de l’Éducation nationale en grève depuis le 3 août
Selon le secrétaire exécutif du SEMENFP, Estatin Janvier, le ministère de l’Éducation nationale est pratiquement en grève depuis le 3 août. Cette situation affecte le fonctionnement des locaux dudit ministère.
Une réouverture scolaire déjà menacée
Alors que le pays est toujours sous la menace de la Covid-19, le MENFP se montre incapable d’apporter des solutions aux problèmes récurrents qui affectent le système, voire les problèmes spontanés. Établissant un protocole d’accord pour les écoles afin de respecter les gestes barrières contre le nouveau coronavirus, ces décisions sont loin d’appliquer dans les institutions publiques. Les images des salles de classe affichées par le MENFP sont contraires aux mesures préétablies. Et, dans d’autres écoles publiques visitées, les élèves passent en dérision l’application de ces gestes.
Par ailleurs, moins d’une semaine après cette réouverture partielle des classes, les élèves gagnent déjà les rues. Ils apportent leurs soutiens aux professeurs non rémunérés ou transférés.
Woovins St Phard
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