Saison cyclonique : Gonaïves toujours très vulnérable
Ayant vécu la grande catastrophe lors des passages des ouragans Anne (2004) et Hannah et Ike (2008), la ville des Gonaïves reste très vulnérable en période cyclonique, et ce, malgré les divers travaux de canalisation et de drainage réalisés dans la ville. Pour cause le manque de travaux d'entretien et de curage dans les canaux d'évacuation des eaux. Outre les canaux qui regorgent de matières en plastique, les rues sont remplies de détritus et certains carrefours servent de décharges. Les cartels municipaux passent, les directeurs départementaux de MTPTC passent, mais le problème d'assainissement et les risques demeurent.
La tempête tropicale Laura qui s'est abattue sur le pays au cours du week-end a causé d’énormes inquiétudes dans la cité de l'Indépendance. Plusieurs zones ont été inondées ce qui a occasionné le déplacement de certains résidents vers d’autres lieux plus sûrs. Comme pour rappeler aux autorités que la ville est plus que jamais vulnérable.
Dans une intervention radiophonique, le maire intérimaire, Patrice Gracia Brutus, a appelé la population à la vigilance, particulièrement les résidents des ruelles Françoise, Dupiton et Yvon qui sont des zones inondables qui ne devraient pas être habitées. Cependant, la plus grande inquiétude de l'édile de la ville reste la rivière Quinte qu'il considère comme le principal danger pour la ville. M. Brutus en a profité pour charger l'ancienne administration qui, selon lui, n'a pas activé la Protection civile depuis quatre ans. Il a également loué le professionnalisme des agents de la Protection civile qui viennent de soumettre à la Mairie un ensemble de recommandations parmi lesquelles, le nettoyage des canaux.
« Toutes les structures qui interviennent en matière de catastrophe naturelle à savoir, le MTPTC, la Mairie et la Protection civile sont en alerte. Nous agissons en commun accord avec la Protection civile. C'est la responsabilité de la Police et de la protection civile d'évacuer les gens en cas de besoin. Nous avons des zones à haut risque sur lesquelles nous avons les yeux de façon à ce que nous agissions si la situation s'aggrave. Car vous savez, il y a des zones aux Gonaïves et à Saint Marc qui sont habituellement inondées en temps normal », a réagi le délégué départemental, Jean Osner Amisial, au moment du passage de la tempête tropicale Laura pendant le week-end.
« Les moyens demeurent insuffisants. C'est la volonté des dirigeants qui interviennent dans la chaîne qui nous permet de continuer. Parce qu'il n'y a pas de moyens. Quand on est responsable, ce ne sont pas les moyens qui vont vous pousser à agir, mais plutôt la volonté. Il est vrai qu'il y a un fonds d'urgence. Mais, ce fonds va être débloqué après la catastrophe pas avant ni pendant. Malheureusement que cela soit ainsi a ajouté M.Amisial.
De son côté, le directeur départemental du MTPTC, Blondo Odivin a aussi suggéré à la population de suivre les consignes de la Protection civile. Concernant les SOS lancés sur les risques que représente le canal Mabiole, le directeur départemental du MTPTC a affirmé qu'il a commencé des travaux dans la zone, mais il a dû les arrêter en raison des problèmes d'insécurité. Selon lui, les habitants de la zone n'arrivent à lui donner la garantie sur la protection des matériels et des techniciens. Il demande à la population de lui accorder du temps.
Dans l'ensemble, aucune mesure concrète n'a été prise par les autorités à part l'activation du COUC qu'elles ont annoncée. La plupart des espaces considérés comme des abris ne sont pas réglementés et adaptés alors que d'autres sont inondables suivant le rapport des visites réalisées en octobre 2019.
Lesly Succès
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