Élections : la communauté internationale insiste
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La communauté internationale, soutien infaillible du pouvoir de Jovenel Moïse, abat ses cartes et exige la réalisation envisage des élections dans le pays au plus tard le 31 janvier 2021.
Ces derniers jours, face au constat du surplace de l'équipe en place, la communauté internationale met la pression. C'est le cas avec l'Organisation des États américains (OEA), qui a déjà soutenu le chef de l'État haïtien, Jovenel Moïse, sur la question de la fin de son mandat, qui aujourd'hui donne un ultimatum pour l'organisation des élections dans le pays. Dans une lettre adressée au président Jovenel Moïse, Luis Almagro, le secrétaire général de l’organisation régionale, lui recommande d'organiser les élections législatives au plus tard le 31 janvier 2021.
Par cette lettre adressée au locataire du Palais national depuis la semaine dernière, Luis Amalgro s'est montré très préoccupé face au retard affiché dans le cadre du processus électoral. Ainsi, le diplomate exige au pouvoir en place d'engager le processus visant à restaurer un Parlement fonctionnel. Il demande aussi le respect des échéances électorales. Les premières bases doivent être posées à l'établissement d'un processus électoral techniquement viable et qui prend en compte les réalités actuelles.
En outre, l'OEA demande au pouvoir de favoriser la participation et l'inclusion de tous les secteurs de la vie nationale. Il encourage, dans les meilleurs délais, des actions pouvant favoriser le bon fonctionnement des institutions fondamentales à la vie démocratique du pays, le Parlement en particulier. Louis Amalgro a toujours pris position aux côtés de l'équipe au pouvoir quand il s'agit d'élucider quelques points d'ombre. Autour du débat sur la fin du mandat présidentiel, le secrétaire général de l'OEA s'est déjà prononcé pour février 2022, favorisant ainsi l'équipe de Jovenel Moïse qui, sur la base de la Constitution haïtienne de 1987, avait mis fin aux mandats de plusieurs sénateurs.
Depuis la démission en bloc de l'ancien Conseil électoral provisoire (CEP), le président haïtien entreprend des démarches visant à la formation d'un nouveau Conseil. Des démarches déjà félicitées et encouragées par Luis Amalgro qui, quelques semaines de cela, avait salué l'initiative du président haïtien. Et à propos de ce CEP en gestation, le président, lors d'une déclaration publique la semaine dernière, avait indiqué que sept secteurs sur neuf ont déjà envoyé les noms de leur représentant au Palais national. Mais cela n'empêche qu'il reste une démarche très critiquée par la société. Les secteurs clés du pays refusent d'entrer tête baissée dans le plan du Palais national.
Si pour le chef de l'État les élections sont possibles dans le pays, la population et les secteurs clés de la vie nationale, les gardiens de la démocratie croient que le contexte n'est pas propice. À un moment où le tissu social haïtien est plus que jamais déchiré, et que ce sont les gangs armés qui ont le contrôle du territoire national, les citoyens avisés croient que l'heure n'est pas propice aux élections. Pourtant, Jovenel Moise y croit toujours. Le locataire du Palais national veut se montrer optimiste. Il croit pouvoir se défaire des obstacles qui se dressent sur son chemin. Des obstacles qui, selon lui, sont posés par l'opposition, comme l'a si bien mentionné le ministre des Affaires étrangères, Claude Joseph, dans sa lettre adressée au corps diplomatique accrédité en Haïti.
Evens Régis
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