Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Actualité

Pour ne pas répéter la même erreur après le séisme du 12 janvier 2010, le CARDH tire la sonnette d’alarme

Pour ne pas répéter la même erreur après le séisme du 12 janvier 2010, le CARDH tire la sonnette d’alarme

Pour le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), plus de 11 milliards de dollars américains avaient été mobilisés au nom du peuple haïtien afin de reconstruire le pays après le séisme ravageur du 12 janvier 2010. 11 ans après, la reconstruction n’est toujours pas effective et les fonds ont été utilisés à d’autres fins, selon le CARDH. Alors qu’un violent tremblement de terre a frappé les départements Sud, Grand-Anse et Nippes le 14 août 2021 faisant de nombreux dégâts matériels et humains, le CARDH a mis en garde les autorités gouvernementales et non gouvernementales.

Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a attiré, ce mardi 17 août 2021, l’attention des autorités gouvernementales ainsi des organisations non gouvernementales sur la nécessité d’utiliser à bon escient l’aide destinée à Haïti suite au séisme dévastateur du 14 aout 2021 dans la presqu’île du Sud (précisément : Sud, Grand-Anse, Nippes). Dans une interview téléphonique accordée au journal Le National et la Radio Télévision Pacific ce mardi 17 août 2021, le directeur exécutif du CARDH, Gédéon Jean, a mis l’accent sur la vigilance citoyenne pour ne pas répéter l’erreur post 12 janvier 2010.

Selon Me Jean, le pays a fait une mauvaise expérience au lendemain du sinistre du 12 janvier 2010, car « plus de 11 milliards de dollars américains avaient été mobilisés du nom du peuple haïtien et pour reconstruire le pays, mais ont été, en réalité, utilisés à d’autres fins ». L’homme de loi a fait savoir que les structures n’ont pas été renforcées et que c’est l’une des raisons qui expliquent les dégâts du cataclysme du 14 août. « L’État devrait s’assurer que les normes de constructions soient garanties et que des dispositions aient été prises en cas de catastrophe afin d’intervenir rapidement », a relâché le directeur exécutif afin de limiter les dégâts. L’avocat a aussi mis l’accent sur des dispositions que l’État devrait prendre afin de favoriser une meilleure coordination de l’aide tout en évitant toute forme d’exploitation.

Selon Me Jean aucune leçon n’a été tirée du séisme du 12 janvier 2010. En effet, l’avocat se dit très inquiet sur la capacité de l’État gérer cette catastrophe. Selon lui, même en temps normal où le pays avait un président, un Premier ministre ainsi qu’un Parlement fonctionnel, l’État avait du mal à gérer l’aide humanitaire. Dans cette optique et dans un passé plus récent, il a souligné que l’État n’avait même pas la capacité de gérer les déplacés de Martissant au Centre sportif de Carrefour.

En dépit de la faiblesse étatique, le directeur exécutif du CARDH plaide pour que toute l’aide destinée aux victimes du grand Sud passe par l’État et ceci, dans le respect des droits humains et de la dignité humaine. Selon lui, la société civile doit rester très vigilante pour éviter toute dérive. Plus loin, Me Jean dit n’avoir pas d’objection sur l’intention du Gouvernement d’Ariel Henry de ne pas distribuer des tentes afin d’éviter le pullulement des camps de fortune comme cela a été le cas en 2010.
Toutefois, il a fait savoir que le Gouvernement doit offrir une alternative. « Aujourd’hui, on est 17 août, mais que fait l’État en terme de dispositions », se questionne Gédéon Jean indiquant que l’État n’a encore rien fait de concret pour aider les victimes.

De nombreuses personnes qui ont perdu leurs maisons suite au séisme du 14 août ont passé une nuit compliquée sous la pluie, sans l’aide des autorités étatiques, lors du passage de la dépression tropicale « Grace » dans la presqu’île du Sud. En ce mardi 17 août, l’une des rares bonnes nouvelles a été le fait que des sauveteurs ont pu récupérer 16 personnes vivantes après trois jours dans l’immeuble abritant l’ancien local de la MINUSTAH dans la ville des Cayes, dans la zone de Brefète.

Wisly Bernard Jean-Baptiste

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Actualité

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre