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Élections en Haïti : la communauté internationale souffle le chaud et le froid

Élections en Haïti : la communauté internationale souffle le chaud et le froid

La communauté internationale commence par modérersa position vis-à-vis de l’organisation des élections dans le pays en prenant en considération des paramètres préliminaires et obligatoires. Tenant compte des récentes prises de position, il n’est plus question d’avancer dans les conditions actuelles. Certes, les États-Unis, la France, l’OEA, etc., soutiennent l’organisation des élections dans le pays, mais dans un climat approprié.

La semaine dernière, l’Ambassade de France en Haïti a fait sortir une courte note pour expliquer sa position face au contexte électoral. Dans cette note, le deuxième conseiller, Axel Champey, a fait ressortir la position de son pays en trois points. Selon l’Ambassade de France, l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes est pour une démocratie une ardente obligation. Et sur le chemin de l’organisation de ces élections, un certain nombre de conditions techniques, politiques et sécuritaires doivent être réunies.

Pour le cas d’Haïti, la France croit que la constitution d’une liste électorale sincère et exhaustive est nécessaire. Par conséquent, l’Office national d’identification doit achever le travail qui est en cours. Au plan politique, l’Ambassade croit qu’il convient de construire le consensus le plus large possible, et de donner assurance aux électeurs en leur donnant la garantie qu’ils pourront émettre un vote libre sans subir la pression de groupes armés illégaux.

Pour l’heure, aucune de ces trois conditions n’est encore réunie en Haïti. Les gangs armés contrôlent le territoire. En cas d’élections, certains leaders politiques ne pourront pas organiser leur campagne électorale. Les électeurs ne seront pas non plus libres de voter. Pas un minimum de consensus entre le pouvoir et l’opposition. Le CEP a été formé au mépris des recommandations de la classe politique et de la société civile. L’ONI n’a pas encore fourni une liste électorale complète, alors que plusieurs bureaux sont déjà incendiés.

En outre, l’Ambassade américaine et l’OEA ont déjà revu leur position vis-à-vis de l’organisation des élections dans le pays. 23 septembre dernier, dans un Tweet, le secrétaire général de l’Organisation des États américains, Luis Amalgro, avait réitéré son soutien au processus électoral haïtien, mais dès que techniquement possible. Et peu de temps avant, l’Ambassade américaine avait également souligné son support au processus électoral, dès que les conditions techniques sont réunies.

Cette précision, concernant les conditions techniques, est nouvelle. Elle n’a pas été dans les précédents discours de la communauté internationale. Ce qui peut vouloir dire que les étrangers qui, jusqu’à date, supportent le chef de l’État commencent à amortir leur position. La réalité politique sur le terrain l’exige d’ailleurs. Et comme dernière recommandation en date, un membre du Congrèsaméricain, Maxime Waters, écrit à l’ambassadeur américain Michel J. Sison pour l’exiger à prendre position en faveur du peuple haïtien.

Dans sa lettre, Maxime Waters demande à Mme l’ambassadrice d’utiliser sa position et son expérience diplomatique considérable, son influence auprès du Gouvernement haïtien pour promouvoir le respect de l’État de droit et des droits humains fondamentaux et s’opposer à l’organisation d’élections en Haïti jusqu’à ce que les attaques généralisées à motivation politique contre des personnes qui critiquent le Gouvernement cessent, et que les auteurs soient tenus pour responsables, et jugés selon la loi.

Par ailleurs, M. Waters demande au représentant du peuple américain en Haïti de s’opposer à toute forme d’élection jusqu’à ce qu’un Conseil électoral provisoire indépendant soit formé avec une large participation de la société civile, conformément à la Constitution haïtienne, et en accord avec tous les partis politiques, parties prenantes, organisations de la société civile. Le congresman qui n’est pas contre les élections refuse l’idée de voir son pays cautionner un processus électoral où les citoyens haïtiens ne peuvent participer aux élections sans crainte.

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