Insécurité : résigné, le pays s’y adapte
De plus en plus, le climat d’insécurité qui prévaut dans le pays depuis des mois tend à s’installer comme la norme. Entre impuissance de la Police nationale et les assauts à répétition des individus lourdement armés, la population haïtienne vit son quotidien dans l’incertitude.
L’assassinat du bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince Me Monferrier Dorval le vendredi 28 août semble être le point de mire de l’insécurité sur le territoire national. En effet, depuis lors, le climat d’insécurité tend à s’installer en norme en engendrant la peur du côté des citoyens paisibles des différentes zones du pays. De l’assassinat du bâtonnier à la tuerie au Bel-Air et environ (2e version) en tenant compte des nombreux cas d’individus tués par balle dans les rues, le droit à la vie perd tout son sens de principe sacré qu’on doit protéger. Les autorités comme les citoyens se contentent de dénoncer les multiples cas de violation du droit à la vie de certains citoyens.
Environ trois jours après la mort de Maitre Dorval, le quartier de Bel-Air a subi une attaque d’un groupe armé. Revendiquée par le chef du groupe G9, cette attaque a causé la mort de plusieurs citoyens et de nombreux dégâts matériels. Plusieurs habitants de la zone ont fui le quartier et ses environs. Les interventions limitées des policiers n’ont pas pu rétablir le calme dans la zone. Jusqu’à présent, certains endroits de ces quartiers sont pratiquement désertés par les riverains.
Entre autres, depuis après cette attaque, il y a un mois, la population de ces quartiers vit de tension en tension. Il n’y a pas une semaine sans d’attaque ou de contre-attaque dans ces quartiers. La situation s’envenime chaque weekend. Des rafales d’armes automatiques et des tirs nourris sont entendus dans ces zones situées à proximité de Champ-de-Mars et de la base de BOID au Fort-National.
La route reliant la commune de Delmas à Port-au-Prince qui passe par la rue Sans-fil est bloquée depuis un mois. Même les motards n’ont pas l’accès libre à cette voie. Les écoles comme les autres institutions dans ces agglomérations sont livrées à elles-mêmes. Des immondices jonchent le sol et s’érigent en un obstacle pour la circulation. En conséquence de cette situation, les véhicules de transports publics et privés fréquentant cette voie sont obligés de trouver d’autres routes pour circuler librement. Ce qui crée un embouteillage dans d’autres segments routiers.
D’un autre côté, les cas de kidnapping sont en hausse au cours de ces dernières semaines. Des individus armés dans plusieurs recoins de la zone métropolitaine prennent le plaisir de stopper des gens dans les rues en les efforçant à les suivre. Parfois, ces individus sont vêtus de l’uniforme de la Police nationale. De nombreux cas de kidnapping sont enregistrés au cours de ces derniers mois.
Dans les rues, l’attaque ciblée est devenue une monnaie courante. Les individus armés n’éprouvent aucune crainte pour se jeter contre un individu en présence des autres. Plusieurs citoyens sont victimes dans leurs maisons ou dans leurs entreprises et leurs véhicules. Aucun quartier du pays n’est à l’abri des actes de banditisme généralisé qui sévit le pays.
La Police nationale en mode pompier pyromane
La situation interne de la Police nationale d’Haïti (PNH) met l’institution dans une situation fragile. Au lieu d’assurer leur rôle, les policiers utilisent leurs matériels de travail pour terroriser la population. Les sorties fracassantes du groupe « Fantômes 509 » ont donné une image néfaste de cette institution. Les policiers en question tracent le chemin du banditisme. En outre, les bavures policières, notamment dans la mort de l’étudiant Grégory Saint-Hilaire, n’ont pas contribué dans l’avancement du travail de la PNH.
Par-dessus tout, l’institution s’arrange pour faire des interventions. Toutefois, ces opérations n’ont pas apporté de grands résultats. L’opération « Terminator 1 » lancée au début du mois d’août tarde encore à se faire sentir. En revanche, les cas de policiers victimes des actes de banditisme sont en hausse.
Alors que la situation sécuritaire devient de plus en plus inquiétante, les autorités concernées ne se montrent pas préoccupées. Les groupes armés sont de tout repos dans leur territoire de contrôle. La Police nationale est en train d’imploser. La population se recoquille et vit malgré eux sous la pression des individus armés illégalement.
Woovins St Phard
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