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Éditorial

L’instabilité permanente

L’instabilité permanente

De nombreux pays, en particulier nos voisins dominicains, obtiennent des résultats importants dans plusieurs domaines parce qu’ils ont pu instaurer une certaine stabilité politique. Si la stabilité politique est comprise par beaucoup comme simplement la possibilité d’une alternance politique sans violence, des élections honnêtes et démocratiques, elle n’est en fait possible que si ceux qui sont au pouvoir ne se comportent pas comme des ayants droit, des profiteurs de la chose publique, mais comme des serviteurs de la communauté, des serviteurs qui peuvent, certes, avoir droit à des privilèges, mais dont la mission première est de travailler à l’avancement de la nation.

De nombreux pays, en particulier nos voisins dominicains, obtiennent des résultats importants dans plusieurs domaines parce qu’ils ont pu instaurer une certaine stabilité politique. Si la stabilité politique est comprise par beaucoup comme simplement la possibilité d’une alternance politique sans violence, des élections honnêtes et démocratiques, elle n’est en fait possible que si ceux qui sont au pouvoir ne se comportent pas comme des ayants droit, des profiteurs de la chose publique, mais comme des serviteurs de la communauté, des serviteurs qui peuvent, certes, avoir droit à des privilèges, mais dont la mission première est de travailler à l’avancement de la nation. Nulle société n’est à l’abri des contradictions. Chaque citoyen, chaque groupe, chaque classe sociale a ses intérêts à défendre. Mais, au-delà de toutes ces différences, il y a des valeurs qui doivent rassembler toutes les femmes et tous les hommes de la communauté. Il ne faut surtout pas qu’un groupe dominant, formé souvent grâce à ses rapines au cours du parcours historique de la nation, ne fasse du mépris de la majorité, un élément fondamental de sa pensée, de ses actions, jusqu’à préférer le naufrage du navire plutôt que cette majorité accède à un mieux-être.L’état déplorable de nos hôpitaux dépourvus de tout, sous prétexte qu’il n’y aurait pas de moyens, alors qu’on trouve de l’argent pour payer des gangs et tenter d’acheter des policiers pour une répression à exercer contre les citoyens qui veulent la fin de ce système pourri, prouve la haine professée par une minorité dans ce pays pour la majorité du peuple haïtien, ces bossales, ces anciens esclaves qui ont combattu pour l’indépendance, chair à canon pour que finalement on leur vole leur victoire jusqu’à les refouler dans ce qu’on a appelé avec dédain l’arrière-pays, les mornes, le pays en dehors. Les grands chefs marrons furent assassinés sous le prétexte qu’il fallait l’union pour la grande bataille finale de libération. Mais, leur refus de se soumettre aux anciens officiers français, aujourd’hui ne peut-il pas être considéré comme une compréhension presque visionnaire ? L’état du pays aujourd’hui ne leur donne-t-il pas raison ? « Et ceux dont les pères sont en Afrique, qu’auront-ils ? » Jean Jacques Dessalines qui va être assassiné quelque temps après avoir prononcé ces paroles, qui est ulcéré, de découvrir l’ampleur du complot contre la nation, donne raison à tous ceux qui se méfiaient des anciens colons, français et créoles.Aujourd’hui plus de deux siècles après cette grande tragédie qu’a été cette révolution confisquée qui a abouti à un pays confisqué, les ressources nationales confisquées, les aides internationales confisquées, toujours avec l’appui de certains étrangers tout heureux de participer à la destruction de ce pays afin, en privé, de professer les thèses de Gobineau, la lutte ne fait que continuer. Ceux qui profitent de l’inacceptable, les éternels commandeurs, recourent à toutes les arguties pour faire comprendre à la population qu’elle doit accepter son sort. On aura l’électricité vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le pays est prêt à toutes les catastrophes. Tout va bien, madame la marquise. Et puis Jésus va revenir bientôt pour instaurer le paradis sur terre !Ils ne sont pas devenus fous.Ils étaient toujours fous.Assailli par les problèmes structurels et les récentes alertes géologiques et climatiques, sans appui conséquent de la communauté internationale, le régime politique haïtien défaillant et usé jusqu’à la corde expose son dénuement et son impréparation au monde entier. Le résultat de cette paralysie est un peuple voué « aux dents de la mer » et aux gémonies de ses voisins.L’Haïtien est vu aujourd’hui dans le monde, comme un parasite qui vient « bouffer » le pain des autres. Il est perçu comme un « envahisseur » qui vient ensemencer et peupler des terres clémentes. Dans les aéroports du monde, le passeport haïtien attire la suspicion des agents frontaliers. Il y a des ultraconservateurs chez nos voisins immédiats qui rêvent d’ériger un mur pour se protéger de ce qu’ils appellent l’invasion haïtienne.Des citoyens ont toujours du mal à obtenir leur carte d’identification nationale depuis plusieurs mois qu’ils ont déposé leurs pièces. D’autres attendent dans de longues lignes sous le soleil de pouvoir bénéficier d’un service minimum. Si nous traitons nos concitoyens avec si peu de considérations, comment espérer un traitement différent des étrangers vis-à-vis de nos compatriotes ?Toutes ces revendications et d’autres constituent le cahier de charge de citoyens engagés résolus à faire entendre leur voix. Nous insistons pour que les Indignés de Petrocaribe soient plus circonspects pour sauvegarder la crédibilité de leur mouvement, gage de sa moralité. Il faut souhaiter que cette noble bataille pour le droit et la justice ne soit polluée par des princes de l’ombre, à quelque bord qu’ils appartiennent, qui veulent, en faisant régner la peur sur la ville, nous ramener par le fer et le feu à leur agenda traditionnel.Cachez-nous ces kits, ces tweets, ces communiqués, ces génératrices, ces bouteilles d’eau, ces promesses que nous ne saurions voir !Paradoxalement, le Nord-Ouest est la région des grandes potentialités. Peu peuplée, avec une morphologie où plaines, montagnes, côtes, cours d’eau s’agrémentent, la région peut-être le lieu d’expérimentation d’un modèle innovant de développement pour réparer la malfaisance des apprentis sorciers qui a duré trop longtemps.Les acteurs politiques, la très charitable communauté internationale, les expertes agences internationales, les respectables entrepreneurs en plus d’être patriotes, les courtiers de toutes les palpitantes aventures et l’imposante diaspora devraient comprendre que la mobilisation de projets d’infrastructures permettra aux éternels sinistrés du Farwest de s’émanciper et de développer leur région dans la dignité. À partir de ce moment, les messages et les communiqués auront un meilleur contenu.Faut-il rappeler que dans le cas du Nord-Ouest, la charité n’est pas que blessante ; elle a signé l’arrêt de mort de toute une région.Ce n’est ni normal ni naturel qu’en 2018, près de deux cent mille Haïtiens « illégaux » en République dominicaine, genoux à terre, tentent tout pour éviter l’expulsion.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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