INCERTITUDES
Écouter l'article
L’oubli chez nous est une vertu rassurante. Comme les explications qui nous confortent dans nos habitudes de privilégiés ou de jouisseurs. La terre tourne autour du soleil de manière immuable. On aimerait aussi que notre petit train-train quotidien, fait de compromissions, de corruptions et de mépris, continue de la même manière. Les affaires comme celle du Procès de la Consolidation ou bien du Petrocaribe ne sont que des chocs de parcours, car en fin de compte, sont toujours récompensés ceux qui ont pu bien chevaucher le système pour en tirer le plus possible. Ce sont les vainqueurs, les exemples qu’on donne au sein des familles. Si on ne les décore pas, on ne leur offre pas des médailles, c’est parce qu’il y a des récompenses qui valent plus que cela.
L’oubli chez nous est une vertu rassurante. Comme les explications qui nous confortent dans nos habitudes de privilégiés ou de jouisseurs. La terre tourne autour du soleil de manière immuable. On aimerait aussi que notre petit train-train quotidien, fait de compromissions, de corruptions et de mépris, continue de la même manière. Les affaires comme celle du Procès de la Consolidation ou bien du Petrocaribe ne sont que des chocs de parcours, car en fin de compte, sont toujours récompensés ceux qui ont pu bien chevaucher le système pour en tirer le plus possible. Ce sont les vainqueurs, les exemples qu’on donne au sein des familles. Si on ne les décore pas, on ne leur offre pas des médailles, c’est parce qu’il y a des récompenses qui valent plus que cela. Le symbolique, ici, n’a pas sa place. On est dans une pratique dévastatrice. Dévastation du pays. Dévastation de la nation. Dévastation de l’environnement. Mais tout est bien, madame la marquise. On prend un autre et on recommence. Le peuple est tellement englué dans ses soucis au quotidien, qu’il n’a pas vraiment le temps de penser à s’organiser pour demander des comptes. Une explosion de colère qui donne des frissons aux gens de la haute. Un peu de piment dans une vie, somme toute, bien banale. Un sujet pour les conversations autour de tables bien garnies. Mais aussi des luttes fratricides pour un gâteau qu’on n’a pas l’intelligence de faire fructifier afin que plus d’élus puissent ripailler.Les choses, malheureusement, ont leur logique que la seule volonté des hommes ne peut contrecarrer. Et puis, comme le dit souvent le vieil adage, le méchant fait souvent oeuvre qui le trompe. À trop vouloir empêcher la population de s’organiser sainement comme dans toute démocratie qui se respecte, on a préféré prendre des chemins de voyous. Les armes dans les quartiers populaires. Le pilotage à vue des gangs à coup de dizaines de milliers de dollars pour les contrôler. Mais l’effet boomerang ne va pas trop tarder alors que la police nationale qu’on a voulu constamment politiser ne semble pas en mesure de contrôler une certaine situation si elle se développait. Il faudrait vraiment questionner le programme des Nations Unies concernant la Police nationale. La population haïtienne est l’un des plus pacifiques au monde et des communautés entières peuvent vivre sans présence policière sans que soient répertoriées des atteintes aux biens privés et aux vies. Mais quand des groupes de citoyens toujours manipulés soit par des puissances d’argent soit par des politiciens en viennent à prendre en otage des quartiers, la police nationale se trouve toujours en difficulté pour résoudre la situation. Pas par manque de volonté. Une grande partie des policiers sont des professionnels qui veulent que l’institution fonctionne à l’image des polices étrangères efficaces. Le problème c’est la corruption institutionnalisée par les politiciens et les puissances d’argent qui les font agir à leur guise.On est donc toujours en pleine incertitude malgré les discours à la gueule de bois de nos politiciens. Des menaces sont lancées par certains secteurs pour le 17 octobre. Des citoyens réclament justice pour la dilapidation des fonds du Petrocaribe. Il sera difficile d’avancer dans ce dossier vu la corruption généralisée au sein des institutions d’État et du secteur privé qui vit, pour une grande partie, des largesses de politiciens serviles. On passera les fêtes de fin d’année puis les réjouissances carnavalesques. Les 24 mois de Jovenel Moïse pour ses promesses arriveront à terme. On n’attendra probablement pas l’autre 7 juillet.Alors que les plus hautes autorités en matière de sécurité savouraient leur satisfaction face aux progrès de l’institution policière, le sous-commissariat du Canapé-Vert, en plein coeur de la capitale, en était à sa deuxième semaine de paralysie à cause d’un véhicule tombé en panne. La ligne d’urgence (114) n’arrêtait pas de sonner sans réponse. La base de données de la Police scientifique restait largement incomplète pour ne pas dire inexistante. Et de nombreux policiers, en panne de motivation, étaient nonchalants sur leurs postes de travail. Mais la devise n’a pas changé : « Protéger et servir » !Allons-nous devoir parler de massification au lieu de professionnalisation de la Police ? Au bout de sept mois, 692 jeunes gens sont devenus policiers. Comme beaucoup de leurs ainés, certains n’ont décroché que leur certificat de fin d’études fondamentales. Le métier de la Police, exercé avec courage par les jeunes en proie au chômage, est galvaudé en Haïti. Le mot vocation perd tout son sens. Face à ses défis, la PNH, devra, pour mieux remplir sa mission, se réévaluer à l’aune des indicateurs universellement admis dans son domaine.Faudra-t-il attendre que la PNH compte 20 000 agents pour enfin relever le niveau académique du policier et lui accorder un traitement digne de sa mission ? Évaluer les menaces en matière de sécurité publique, identifier puis faire face aux facteurs criminogènes et gagner la confiance de la population sont l’apanage de spécialistes bien équipés et bien traités. Le choix d’opérer une vraie réforme s’impose. Qui veut aller loin ménage sa monture !Nos chefs sont avertis. S’ils sont sincères dans leur projet de transformation de l’État, il faudra en plus d’un document de réforme bien ficelé, une volonté politique qui s’apparenterait à une véritable révolution culturelle.Aussi, il faut admettre que l’empreinte destructrice des gonaïviens sur une terre marécageuse au niveau de la mer a facilité la catastrophe. Si la ville avait été habitée autrement, l’inondation n’aurait pas provoqué autant de morts et affecté, pour encore longtemps, l’économie moribonde de la ville.Il est vrai que ce qui est catastrophique pour la ville des Gonaïves et sa région, ce qui est loin d’être naturelle, réside dans l’appauvrissement progressive, mais dramatique, de la population.Dans les années 70 du siècle dernier, pour une population de moins de cent mille âmes, l’économie de la ville était portée par plusieurs manufactures spécialisées (IDAI, par exemple) et une forte activité de l’industrie extractive.En 2018, après la fermeture des usines, quelques deux inondations d’importance et deux carnavals, Gonaïves gère quelques commerces, ses envies de révolte et les projets d’avenir de quatre cent mille personnes, au moins.Pour ce triste anniversaire, la meilleure manière d’honorer les victimes serait d’imaginer la revitalisation des Gonaïves pour que cette vielle arrête d’exercer un pouvoir d’attraction sur les catastrophes.Nous nous permettons de douter. Aujourd’hui, ramène aussi le 81e anniversaire du massacre, par les Dominicains, de plus de vingt mille Haïtiens au nord de la frontière entre les deux pays.Ce n’est ni normal ni naturel qu’en 2018, près de deux cent mille Haïtiens « illégaux » en République dominicaine, genoux à terre, tentent tout pour éviter l’expulsion.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.