Un nouveau départ ?
Écouter l'article
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Jean Henri Céant est entré aujourd’hui officiellement en fonction. Cela a pris du temps pour mettre en place le cabinet ministériel, fruit de longues tractations entre les parlementaires et l’Exécutif. On savait que former un gouvernement dans un pays en butte à une crise sociopolitique permanente n’était pas la tâche la plus facile à accomplir. L’histoire récente de ces dernières années en atteste douloureusement.
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Jean Henri Céant est entré aujourd’hui officiellement en fonction. Cela a pris du temps pour mettre en place le cabinet ministériel, fruit de longues tractations entre les parlementaires et l’Exécutif. On savait que former un gouvernement dans un pays en butte à une crise sociopolitique permanente n’était pas la tâche la plus facile à accomplir. L’histoire récente de ces dernières années en atteste douloureusement.Finalement, après un week-end de débats houleux dans les deux chambres du Parlement, il en est sorti un nouvel exécutif sous la direction d’un homme qui a toujours voulu assumer au plus haut niveau des responsabilités politiques. Comme le veut la tradition, le nouveau Premier ministre Jean Henri Céant a exposé sa vision de la gestion des affaires publiques, et face au scepticisme de quelques parlementaires sur les voies et moyens pour arriver à atteindre un programme politique, aussi ambitieux, le notaire Céant a avoué qu’il s’agissait en fait, de grandes lignes qui allait guider son mandat comme nouveau chef de gouvernement.Les acteurs ont joué leur rôle dans ce méga spectacle politique dont nous sommes devenus coutumiers depuis que la Constitution de 1987 a institué ce grand oral. Toujours est-il que par moments, le jeu a pris des allures ubuesques et lassantes pour les téléspectateurs avides de voir nos femmes et hommes d’État se mettre rapidement au travail devant autant d’urgences nationales. Le temps a semblé très long à plus d’un, surtout quand l’essentiel de ce qui était débattu se noyait dans des polémiques souvent futiles.Quoi qu’il en soit, les parlementaires ont peu ou prou rempli leur devoir constitutionnel et le nouveau gouvernement accouché ces derniers jours au forceps peut enfin commencer à travailler.La nouvelle administration a bien des défis à relever. Et le plus important est celui de la méfiance de tout un peuple vis-à-vis d’un régime politique impotent, frappé d’une incapacité séculaire à organiser le pays. Chaque nouveau gouvernement est lourdement grevé de l’hypothèque de ceux qui l’ont précédé. Il existe depuis des lustres, une culture politique génératrice de pratiques néfastes et qui a une capacité de se reproduire en dépit des bonnes volontés affichées avant et après les changements de régime.Le constat actuel est lourd de conséquences, une population aux abois et au bord de l’insurrection ne veut plus entendre le chant des sirènes de vaines promesses. Ceux qui ne s’enferment pas dans leur bulle politicienne peuvent entendre mugir les foules qui réclament le changement d’un modèle économique et social qui ne produit que misère et désolation.Le gouvernement de Jean Henri Céant devra envoyer des signaux clairs que quelque chose peut et va changer, au moment où la plupart des observateurs parlent de la chronique d’un échec annoncé. La répétition du même.Comme quoi on ne peut rien tirer de bon de cette gouvernance de la faillite qui plombe toutes nos velléités de développement, et ce depuis des décades. Dans certains cercles et salons, on affirme que « joumou pa donnen kalbas », autrement dit : rien de positif ne peut sortir de ce terreau aride et épuisé que constitue l’appareil d’État.Des structures étatiques que le Premier ministre prend d’ailleurs formellement l’engagement de transformer et qu’il compte mettre enfin au service de la nation. Pour ce faire, il veut faire entrer la société civile dans le débat sur la réforme de l’État et la décentralisation. La mise en place d’une table sectorielle sur cette question constituerait une priorité de son gouvernement.Lors de la présentation de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a montré, en s’adressant aux sénateurs de l’Opposition, qu’il savait mieux communiquer que son prédécesseur. Et qu’il était comme on se plaît à le dire un « fin politique ». Toujours est-il qu’il lui faudra encore beaucoup plus pour réussir son pari dans un environnement accablé par le pessimisme le plus épais.Comme quoi c’est au pied du mur que l’on reconnaît les vrais maçons.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.