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La nation ravagée

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On assiste à un réveil des citoyens. La demande de reddition des comptes pour les fonds du Petrocaribe reçoit de plus en plus d’appuis au pays et en terre étrangère. Le système plie, mais ne rompt pas. La corruption est profondément ancrée. Des intérêts qu’on ne soupçonne pas sont en jeu. Pire, il y a des régiments de citoyens qui ont fait leur plan de vie en fonction de la corruption. Certains ont même reçu de Dieu la mission de changer le pays. Si les choses changent, ils se retrouveront les deux bras ballants, ne sachant plus à quel saint se vouer. Il y a aussi les étrangers qui ont collaboré à la dilapidation des fonds.

On assiste à un réveil des citoyens. La demande de reddition des comptes pour les fonds du Petrocaribe reçoit de plus en plus d’appuis au pays et en terre étrangère. Le système plie, mais ne rompt pas. La corruption est profondément ancrée. Des intérêts qu’on ne soupçonne pas sont en jeu. Pire, il y a des régiments de citoyens qui ont fait leur plan de vie en fonction de la corruption. Certains ont même reçu de Dieu la mission de changer le pays. Si les choses changent, ils se retrouveront les deux bras ballants, ne sachant plus à quel saint se vouer. Il y a aussi les étrangers qui ont collaboré à la dilapidation des fonds. Bref, il faudra des légions de volontés pour faire avancer un tant soit peu la lutte contre la corruption dans notre pays.Ceux qui veulent que le système de la corruption reste en place sont le dos au mur. La situation n’est pas à leur avantage. Cette situation est l’appauvrissement encore plus accéléré de la population qui n’aboutit qu’à la destruction de notre espace physique. Peuvent-ils continuer à gérer l’ingérable ? La République dominicaine souffre du problème de la corruption, mais pas celui du kokoratisme, du mépris de la nation. Chez nous, kokoratisme et mépris de la nation font marcher à plein régime le moteur de la non-gouvernance. Qui n’a pas entendu cette réflexion d’un riche du pays déclarant qu’il est bien avec le chemin menant à sa maison en très mauvais état, car ainsi n’importe qui ne fera pas l’effort de venir frapper à sa porte.Il faut vraiment avoir une haine de la nation pour avoir laissé cette chance passer de réaliser le minimum avec les fonds du Pétrocaribe. La comparaison avec la République dominicaine est plus que choquante. Ont-ils plus de ressources que nous ? Ont-ils plus de matière grise que nous ? Ils ont quelque chose que nous n’avons pas : l’amour de leur pays. Nous avons quelque chose qu’ils n’ont pas : le kokoratisme qui est à la fois l’ignorance, l’ancrage à la tonnelle, à la boue, le voir petit, et un attachement névrotique à une sorte de grégarisme crasseux.Le mouvement qui prend forme contre la corruption, pour la reddition généralisée de comptes, devra faire face principalement à un État déjà corrompu et qui ne peut que s’arcbouter à toutes les pratiques qui peuvent protéger sa survie. Il est symptomatique qu’on verse de l’argent aux gangs pour qu’ils se tiennent tranquilles au lieu d’avoir un système de sécurité capable de contrer les bandits. On saupoudre les médias à coups de millions pour tenter de noyer le poisson. Dans cette mare, les Thémistocle Epaminondas ont le jeu facile. Le mouvement peut être utilisé par de grandes gueules dans les rues ou derrière les micros et qui n’attendent que l’occasion de monnayer leur silence ou leur retournement. Il y a aussi les affairistes qui ne font plus d’affaires à cause des affairistes profitant de ce pouvoir et qui veulent tout chambarder pour que le jeu reprenne à leurs avantages.Il n’y a que le peuple haïtien dans son dénuement qui peut décider. Soit il continue à se faire dépouiller, en attendant le retour de Jésus ou une fuite vers l’étranger, soit il décide de prendre son sort en main. Il arrivera un moment où il ne décidera même pas. Le proverbe dit : tout bèt jennen mòde.L’histoire a cette capacité de trouver une explication à l’échec. Le prochain gouvernement devra sortir du grenier la malle des larges concessions. Sinon, tous les dimanches que le Bon Dieu fait ainsi que les autres jours des semaines à venir risquent d’être aussi agités que le dimanche 10 septembre 2018. Des revendications portées par des milliers de manifestants, et pas qu’à Port-au-Prince, et des parlementaires exigeant le retrait d’un arrêté de nomination des membres du gouvernement. Obligation d’abdiquer avant de gouverner.Coïncidence ou oubli, cette année, une première depuis des décennies, l’État n’a consenti aucun investissement dans des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre indispensable pour la réfection des tronçons urbains et pour la garantie de revenus pour les ménages vulnérables. Avec la rentrée des classes, la circulation est devenue plus dense dans la région métropolitaine et les nombreuses crevasses au milieu de la chaussée irritent les citoyens.Le moins que l’on puisse dire est que ce constat renseigne sur l’état d’esprit des dirigeants et sur les conséquences de la demi-mesure entre un gouvernement nommé et un autre démissionnaire.Peu importe le prix à payer ou le coupable à livrer, il est urgent de pacifier le champ social, de redonner confiance, de permettre à la justice d’apaiser la colère de ceux qui, en fin de compte, gardent les valeurs et principes de la démocratie en vie.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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