Intégrale détresse !
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La crise, à ce point de pourrissement actuel, n’est pas l’Artibonite en période de sécheresse : un long fleuve tranquille et inoffensif. Nul ne peut prétendre, par les temps qui courent, ignorer les cris de colère et de frustration exprimés sur tous les supports possibles et par tous les moyens imaginables. Le moulin à revendications tourne à plein régime et risque d’aspirer et broyer ceux, nombreux, trop nombreux, se trouvant dans son rayon de puissance.L’impression de se faire du mal gratuitement jusqu’à ce qu’effacement s’en suive n’est pas dénuée de sens. En réalité il s’agit que de l’une des manifestations de notre irresponsabilité ou de notre impuissance à dompter les petites et grandes dérives morales, économiques et sociales.
La crise, à ce point de pourrissement actuel, n’est pas l’Artibonite en période de sécheresse : un long fleuve tranquille et inoffensif. Nul ne peut prétendre, par les temps qui courent, ignorer les cris de colère et de frustration exprimés sur tous les supports possibles et par tous les moyens imaginables. Le moulin à revendications tourne à plein régime et risque d’aspirer et broyer ceux, nombreux, trop nombreux, se trouvant dans son rayon de puissance.L’impression de se faire du mal gratuitement jusqu’à ce qu’effacement s’en suive n’est pas dénuée de sens. En réalité il s’agit que de l’une des manifestations de notre irresponsabilité ou de notre impuissance à dompter les petites et grandes dérives morales, économiques et sociales.En dépit de la surchauffe des réseaux sociaux et de cette détermination traduite en manifestation de rues dans toutes les grandes agglomérations du pays pour en finir avec les tricheurs et les siphons des comptes publics, nous doutons encore de la réponse des institutions républicaines en charge du contrôle et de la répression des fraudes. \Les vieilles stratégies de contournement, même si leurs contenus ne sont pas connus, sont attendues et vont jouer sur la présupposée « amnésie du peuple » pour revenir aux vieilles pratiques qui ont déjà fonctionné antérieurement. Hier le Parlement et ses envies de contrition, aujourd’hui, l’audace d’un député d’assumer publiquement l’ascendance des exigences qui bloquent la prise de fonction d’un nouveau gouvernement.Et, nous ne pouvons nous empêcher de demander (sans prendre parti pour le bon docteur Lafontant) : comment un gouvernement, fut-il dirigé par le plus brillant des politiciens, va pouvoir redémarrer la machine, rétablir la confiance, conduire le processus politique devant amener au procès Petrocaribe, entre autres ?L’histoire a cette capacité de trouver une explication à l’échec. Le prochain gouvernement devra sortir du grenier la malle des larges concessions. Sinon, tous les dimanches que le Bon Dieu fait ainsi que les autres jours des semaines à venir risquent d’être aussi agités que le dimanche 10 septembre 2018. Des revendications portées par des milliers de manifestants, et pas qu’à Port-au-Prince, et des parlementaires exigeant le retrait d’un arrêté de nomination des membres du gouvernement. Obligation d’abdiquer avant de gouverner.Coïncidence ou oubli, cette année, une première depuis des décennies, l’État n’a consenti aucun investissement dans des travaux à haute intensité de main-d’oeuvre indispensable pour la réfection des tronçons urbains et pour la garantie de revenus pour les ménages vulnérables. Avec la rentrée des classes, la circulation est devenue plus dense dans la région métropolitaine et les nombreuses crevasses au milieu de la chaussée irritent les citoyens.Le moins que l’on puisse dire est que ce constat renseigne sur l’état d’esprit des dirigeants et sur les conséquences de la demi-mesure entre un gouvernement nommé et un autre démissionnaire.Peu importe le prix à payer ou le coupable à livrer, il est urgent de pacifier le champ social, de redonner confiance, de permettre à la justice d’apaiser la colère de ceux qui, en fin de compte, gardent les valeurs et principes de la démocratie en vie.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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