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Les loups !

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Le jeu reprend sur tempo de boucle temporelle. Un nouveau cabinet ministériel ! Comme d’habitude, depuis que la Constitution de 1986 est en application, le Premier ministre n’a été qu’un pion et même moins qu’un pion dans le choix des ministres dont il a pourtant la charge. On a connaissance de certaines situations où un Premier ministre tout penaud s’est vu attribuer un ministère dit de pacotille, tout heureux cependant d’accéder à une position où il peut avoir un certain pouvoir et surtout, des privilèges appréciables.Beaucoup de ministres reconduits. On ne sait si c’est parce que ceux qui ont le pouvoir effectif sont satisfaits de ce que ces ministres ont accompli pour le bien de la nation ou si tout simplement ils ont été les gentils serviteurs de ceux à qui ils doivent leur poste.

Le jeu reprend sur tempo de boucle temporelle. Un nouveau cabinet ministériel ! Comme d’habitude, depuis que la Constitution de 1986 est en application, le Premier ministre n’a été qu’un pion et même moins qu’un pion dans le choix des ministres dont il a pourtant la charge. On a connaissance de certaines situations où un Premier ministre tout penaud s’est vu attribuer un ministère dit de pacotille, tout heureux cependant d’accéder à une position où il peut avoir un certain pouvoir et surtout, des privilèges appréciables.Beaucoup de ministres reconduits. On ne sait si c’est parce que ceux qui ont le pouvoir effectif sont satisfaits de ce que ces ministres ont accompli pour le bien de la nation ou si tout simplement ils ont été les gentils serviteurs de ceux à qui ils doivent leur poste. De nouveaux noms. La petite satisfaction des observateurs vient du ministère de la Culture vandalisée allègrement par les gouvernements précédents qui y ont nommé des gens qui n’avaient rien à y faire. Un technicien qui connait bien ce ministère y accède. Un technicien qui a oeuvré souvent dans l’ombre pour colmater les brèches et empêcher l’institution de sombrer. Quelle latitude aura-t-il pour remettre sur pied un ministère qui a la charge du seul secteur compétitif de ce pays et pour lequel les politiciens n’ont aucun respect, seul l’avenir nous le dira ?Le temps pris pour arriver à former ce cabinet ministériel démontre que pour le pouvoir en place les émeutes du 7 juillet ne sont qu’un accident de parcours et que la grogne sociale généralisée n’est que feu de paille. On a préféré perdre du temps à discuter pour se partager la mangeoire plutôt que de s’atteler à constituer un gouvernement qui devrait être dans les faits un gouvernement de salut public vu l’état de décomposition accéléré du pays. Tout est bien madame la marquise ! On va continuer à danser et à festoyer sur le bateau qui prend eau de toutes parts. Pendant que la population, avec l’accès à l’internet gé­néralisé, suit ce qui se passe dans les autres pays de la région où la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance est devenue un espace de ralliement, nos politiciens osent encore croire que tout leur est permis.Le député Jerry Tardieu a parlé dans une entrevue des propositions faites pour les amendements à la Constitution par la commission qui y travaille. Responsabiliser le président de la République. Supprimer la fonction de Premier ministre. On sait que cette fonction est réduite à de la sinécure depuis sous la présidence éphémère de Leslie Manigat. Plein de propositions intéressantes qui démontrent le sérieux du tra­vail réalisé sous la houlette du jeune député de Pétion-Ville, président de la commission responsable de ces travaux. Mais ces propositions n’ont de chance d’être retenues que si la population les appuie. L’ amen­dement qui a été déjà adopté, dans l’unique intérêt de la nomenklatura du pays, l’ a été frauduleusement, ce qui dans un État normal, aurait envoyé en prison pour crime de haute trahison parlementaires et pré­sident de la République.Pendant ce temps partout on réclame une avancée sur les dossiers des sommes certainement dilapidées ou détournées, au vu du néant des résultats, quand on compare à ce qui a été réalisé par exemple en Ré­publique dominicaine.Les loups ne se dissimulent plus pour faire semblant d’être gardiens du troupeau. La confiance et le ventre trop plein rendent aveugles. Le troupeau habituellement doux peut devenir aussi aveugle, mais d’une tout autre manière. Qui continuera à soutenir les loups quand cette boue dans laquelle nous pataugeons menace l’île entière et devient une menace régionale ?L’une des conséquences catastrophiques de la non-gouvernance est l’explosion de l’insécurité sous toutes ces formes. De cette insécurité la non-gouvernance s’en nourrit, car elle est aussi l’espace privilégié de toute une nuée de médiocres qui ne sauraient exister dans un lieu sain où la compétence serait mise à profit pour le bien de la population.Quelqu’un qui a vécu les évènements de la nuit du dimanche au lundi au Limbé en provenance du Cap-Haïtien a d’autant plus passé un mauvais moment que la nuit d’avant il a pu constater ce qui est advenu de la seconde ville du pays. Une averse de quelques minutes avait presque enseveli la cité sous les eaux, les ordures et la boue. Comme si le pays n’en pouvait plus sous cette accumulation d’ignorance, d’inconscience et de mépris.Quoi qu’il en soit le débat est ouvert. Le pays a besoin d’une autre gouvernance, d’une autre « République » qu’une réforme constitutionnelle aussi ambitieuse soit-elle ne pourrait, à elle toute seule, apporter. Mais ici, comme dans la fable, c’est le premier pas qui coûte.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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