Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Balayer la peur du lendemain

Balayer la peur du lendemain

Écouter l'article

Le hashtag # Petrocaribe challenge ? Ce n’est pas de la fumisterie. En atteste la grande mobilisation citoyenne qui se réalise actuellement en Haïti comme à l’étranger dans un élan de solidarité nationale. C’est une belle leçon des choses qui en dira peut-être long sur l’état d’esprit de l’avenir dans la lutte effrénée contre la corruption.En effet, la sortie fracassante du président de la République par rapport aux retombées concrètes de ce mouvement détermine la fin qui justifiera les moyens dans le règlement équitable de ce dossier d’autant que les présumés dilapidateurs des fonds et leurs contempteurs font déjà de l’expression de leur motivation, une campagne de route.”Un Président qui se respecte ne peut pas et ne doit pas avoir d’amis!” prévient Jovenel Moise.

Le hashtag # Petrocaribe challenge ? Ce n’est pas de la fumisterie. En atteste la grande mobilisation citoyenne qui se réalise actuellement en Haïti comme à l’étranger dans un élan de solidarité nationale. C’est une belle leçon des choses qui en dira peut-être long sur l’état d’esprit de l’avenir dans la lutte effrénée contre la corruption.En effet, la sortie fracassante du président de la République par rapport aux retombées concrètes de ce mouvement détermine la fin qui justifiera les moyens dans le règlement équitable de ce dossier d’autant que les présumés dilapidateurs des fonds et leurs contempteurs font déjà de l’expression de leur motivation, une campagne de route.”Un Président qui se respecte ne peut pas et ne doit pas avoir d’amis!” prévient Jovenel Moise. Quelle profession de foi!Petrocaribe n’a pas eu la vertu de faire que nous soyons tous devenus des autistes. Il annonce tout au moins une fin: celle de l’histoire de la corruption au cours de ces dernières années qui, à défaut de pouvoir être gelée, ouvre bien des perspectives. L’ essentiel du débat vient d’une frange importante de la société civile enfin consciente de ses devoirs (cf: Le National, Edito du 23 mai 2018: “Quelles vertus faut-il prêter à la société civile ?). Malgré le fait que jusque-là, le chef de l’État comme les commissions d’ enquête -excusez pour l’amalgame!- n’ont fait que tenter de l’adapter à leurs paradigmes. C’est peut-être le même circuit vers les extrêmes qui se touchent. Mais, évitons pareille outrance!L’initiative sous le hashtag # Petrocaribe challenge fera la une pendant assez longtemps après avoir dégagé un wifi d’une grande capacité. Toute la question réside dans le fait qu’on craint en fin de compte que la justice ne s’applique à vendre son âme et que les OVNI politiques ne récupèrent le mouvement des citoyens confrontés à l’angoisse de l’avenir du pays.La corruption constitue avec la mauvaise gouvernance, l’un des freins majeurs du développement durable en Haïti. C’est un fléau systématique qui ne peut être combattu de façon isolée ni par l’État ni par les entreprises. Elle a un impact négatif sur la qualité des services, la fixation des prix à la consommation, les investissements étrangers, la fuite des capitaux et l’implantation d’infrastructures hors normes et hors de prix.L’État haïtien a mis en place des systèmes efficaces de prévention et de lutte contre la corruption, induisant un alignement des règles aux standards d’éthique les plus élevés. Il est venu le temps de mettre à mal ce fléau. C’est précisément avec les institutions figurant aux premières loges dans la lutte contre la corruption et chargées d’apporter un point d’honneur à leurs engagements que le chef de l’Etat a entamé un dialogue actif. Sans bonhomie ni concession. Il ne s’agit pas de partir en guerre contre l’UCREF, l’ULCC, la CSC/CA, le Parlement. Pour lui, ces instances ont toute leur importance, leur pertinence. L’indépendance sur laquelle elles sont bâties est à considérer. La feuille de route qui leur est proposée par rapport à ce dossier est sans nuance. Une gageure? Pas tant que ça.Le chef de l’État n’est ni naïf ni moins politicien qu’on ne le croit. Il sait que Petrocaribe est un dossier complexe dans une Haïti en crise et que son procès n’aura pas lieu nécessairement demain parce qu’il est inéluctable. On lui objectera cependant qu’avant de se lancer à corps perdu dans l’aventure à laquelle lui convie la conscience nationale, il faudra commencer par déconstruire ce qui peut l’être de toute politisation du dossier. Qui parmi tous les noms cités à tort ou à raison dans les rapports de gestion des fonds Petrocaribe n’est pas en campagne sur ce terrain? Les uns entament un marathon aux échos retentissants sur les réseaux sociaux ; les autres font le tour des médias de masse pour expliquer à qui veut les entendre la méthode d’application régulière dans le processus de décaissements des fonds. Tous avec un but : convaincre l’opinion publique que, ne pas apporter un éclairage suffisant, c’est aggraver le problème et alimenter les suspicions de la nation qui ne cesse de réclamer restitution et réparation afin de balayer la peur du lendemain.Mais ces mêmes policiers s’assurent que les citoyens ont leur permis de conduire.Des permis de conduire qu’on achète. Tout le monde le sait. Plein d’analphabètes incapables de lire un panneau de signalisation exhibent un permis de conduire.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre