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Éditorial

La justice comme équité!

La justice comme équité!

La cacophonie des griefs de certains groupes sociaux et de quelques “bien-pensants” du paysage politico-économique est le prisme à travers lequel on peut comprendre l’évolution sociale et politique nationale et la nécessité d’une vision alternative. Elle revêt d’une identité nouvelle et se précise dans le débat public où l’on pose de façon asymétrique la problématique de la justice sociale qui, loin de constituer la cheville ouvrière des responsables de l’État, est une foire d’empoigne, une armure sulfureuse qui fixe les courbes du rêve commun et surplombe le destin de la masse des citoyens. Le constat est navrant.

La cacophonie des griefs de certains groupes sociaux et de quelques “bien-pensants” du paysage politico-économique est le prisme à travers lequel on peut comprendre l’évolution sociale et politique nationale et la nécessité d’une vision alternative. Elle revêt d’une identité nouvelle et se précise dans le débat public où l’on pose de façon asymétrique la problématique de la justice sociale qui, loin de constituer la cheville ouvrière des responsables de l’État, est une foire d’empoigne, une armure sulfureuse qui fixe les courbes du rêve commun et surplombe le destin de la masse des citoyens. Le constat est navrant. C’est à psychiatriser. Ce ne sont pas les contempteurs des dernières émeutes qui diront le contraire. Il est donc urgent pour la société de prendre la mesure de ce que les Surfeurs de Malibu ont fait d’elle. Et de dire la vérité dernière sur le nouveau paradigme des transactions sociales équitables qui s’imposent.Analysant avec une hauteur de vue et une grande aversion pour la déroute de l’intelligence les causes des évènements des 6, 7 et 8 juillet 2018, des économistes haïtiens de renom, se basant sur le rapport 2012 de la Banque mondiale, ont convenu de se mettre en retrait, sans prétendre donner des leçons et disent opter pour un “ budget de rupture”. Dans leurs propos, le concept, la théorie et le savoir scientifique s’effacent pour laisser apparaitre avec une grande précision des chiffres et à travers eux l’ affreuse irresponsabilité des responsables de l’Etat qui ont fait d’Haïti un pays hypercentralisé. À preuve: le département le plus riche, l’Ouest, a eu des investissements continus durant ces quatre dernières années. Plus de 110 milliards de gourdes (environ 1 milliard 641 millions de dollars US ont été alloués à ce département tandis que le nouveau budget n’accorde même pas un milliard de gourdes, soit moins de 15 millions de dollars US au département le plus pauvre, en l’occurrence le Nord-Est.Ces économistes considèrent que les dernières émeutes sont les résultats des choix opérés par les gouvernements haïtiens de concentrer la plus grande partie des dépenses de fonctionnement et d’investissements dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, alors que les autres départements se sont vus traiter en parents pauvres. Le grand paradoxe est que les mouvements de vive colère et de frustration de la population ont pris corps dans l’aire métropolitaine largement émargée dans le budget.Si hier encore, 60% du budget national était financé par la communauté internationale, pour l’exercice fiscal 2018-2019, il sera financé à 71% par les contribuables haïtiens, soit 126 milliards sur les 175 milliards de gourdes. La note dominante devient ainsi les “impôts directs” qui seront payés par la majorité de la population. 90.1 milliards de gourdes de ces entrées, soit 1 milliard 344 millions de dollars US environ au taux de 67 gourdes pour un dollar sont consacrés aux dépenses courantes (masse salariale des employés du secteur public, biens et services compris, transfert et subvention, l’intérêt de la dette, etc. alors que les investissements publics pour les besoins de la population dépassent les 20 milliards de gourdes (environ 298 millions de dollars US).“Le pays doit débourser 2 milliards de gourdes par mois, soit presque 30 millions de dollars US pour s’acquitter de la dette publique. 29,94 milliards de gourdes, soit plus de 446 millions de dollars US sont prévus pour les biens de services de l’Etat (véhicules de luxe, voyages, per diem et tout ce qui concerne les dépenses essentielles pour l’Etat et ses salariés. 20.61 milliards de gourdes, environ 301 millions de dollars US seront consacrés aux investissements sociaux à travers le financement du trésor public.”Pour tout dire, ce budget ignore les revendications légitimes quant à la psychologie générale. Il se moque des besoins de la majorité des citoyens devenus flottants, atomisés et réclamant, selon une “utopie réaliste” (John Rawls) une bonne gouvernance dictée par la rationalité économique. C’est une évidence: le pays vit dans une époque de relative rareté des biens matériels et immatériels à distribuer. Le peu dont il dispose n’est qu’une Babel sans fenêtre, le résidu d’un avant-gardisme qui attise outre mesure les clivages entre l’individuel et le collectif et maximise la violence qui s’exerce dans les rapports sociaux nonobstant les efforts croisés des forces vives du pays visant à inventer l’avenir selon un idéal de justice. Et en toute équité.Il est temps d’admettre que le Congrès reste un outil au service de l’émancipation humaine. Même avec un cochon égorgé (l’horreur de la bonne société), il faut reconnaître la dimension du combat pour l’avènement d’un autre monde.« Le dieu qui créa la terre, qui créa le soleil qui nous donne la lumière. Le dieu qui détient les océans, qui fait gronder le tonnerre. Dieu qui a des oreilles pour entendre. Toi qui es caché dans les nuages, qui nous observes où que nous soyons, tu vois que le blanc nous a fait souffrir. Le dieu de l’homme blanc lui demande de commettre des crimes. Mais le dieu en nous veut que nous fassions le bien. Notre dieu, qui est si bon, si juste, nous ordonne de nous venger de nos préjudices. C’est lui qui dirigera nos armes et nous apportera la victoire. C’est lui qui nous aidera. Nous devrions tous rejeter l’image du dieu de l’homme blanc qui est si impitoyable. Écoutez la voix de la liberté qui chante dans tous nos coeurs »Ainsi pria Boukman et ainsi soit-il !Nous avons besoin de faire fructifier notre héritage. Ce n’est qu’à cette condition que le peuple mènera d’autres combats pour exiger de la gouvernance véritable.Sans conteste, les actes du Congrès du Bois-Caïman ont été d’une grande lucidité et d’une grande utilité pour dessiner les contours de l’avenir.Est-ce que nous sommes dans une république dépravée où seuls les membres du gang auront un jour accès aux dites bonnes écoles ?L’autre raison est encore plus folle.Y a-t-il une catégorie de gens qu’on ne veut pas fréquenter ? Un apartheid qu’on veut signifier, établir ? Un parent d’élèves a osé pointer du doigt les enfants qui arrivent sur taxi-moto. On pourrait aussi indexer les enfants qui viennent dans des voitures qui ne font pas high class. Beaucoup de journalistes du National tomberaient sous les couperets de cette discrimination qui ne se dit pas.Il faut que ces gens, ces fous, qui exigent à ces responsables d’établissements d’augmenter les frais scolaires, soient clairs. Qu’on cesse de se cacher. S’il y a une partie de la population qu’on méprise, qu’on déteste, qu’on veut anéantir, qu’on le dise.Il y a aussi un autre drame. Ceux qu’on méprise, qu’on veut annihiler et qui tiennent malgré tout à ce que leur progéniture fréquente de tels établissements simplement pour dire qu’on est là même si alors l’enfant grandit frustré, avec des complexes qui viendront achever la société.Ceux qui se croient d’une race supérieure dans ce pays, ils doivent être non seulement aveugles, mais fous. Il n’y a rien à montrer pour le prouver sinon qu’une infériorité, une bestialité, une compétence à perpétuer le chaos, la misère, bref le mal même dans leurs propres lieux.Qu’on cesse dans les officines, dans certaines réunions de parents dans les écoles, à étaler une telle maladie mentale.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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