Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Éditorial

Les rêves essentiels

Les rêves essentiels

Écouter l'article

Jacmel a bénéficié des rêves de quelques uns de ses filles et de ses fils. Quelques-uns de ces rêves se sont réalisés. Il a fallu tout d’abord la volonté et bien sûr les idées. Le Professeur Jean Claude, de regretté mémoire, s’était investi pour doter la ville de structures essentielles. Aujourd’hui, à part quelques rares exceptions, comme la réfection du manoir Alexandra par un Haïtien qui pense grand, beaucoup de fils de la ville, empochant gros dans le commerce et la politique, ne se soucient pas que la cité soit dans un état de délabrement qui contraste avec l’image qu’on se fait de Jacmel avec l’aura que lui donnent ses femmes et ses hommes d’esprit.La semaine qui vient de s’écouler a vu la Cité perdre une Femme qui a fait pour cette ville plus que tout autre. Plusieurs milliers de jeunes jacméliens, toutes les classes sociales confondues, ont pu bénéficier d’une instruction comparable aux meilleures écoles européennes grâce à elle.

Jacmel a bénéficié des rêves de quelques uns de ses filles et de ses fils. Quelques-uns de ces rêves se sont réalisés. Il a fallu tout d’abord la volonté et bien sûr les idées. Le Professeur Jean Claude, de regretté mémoire, s’était investi pour doter la ville de structures essentielles. Aujourd’hui, à part quelques rares exceptions, comme la réfection du manoir Alexandra par un Haïtien qui pense grand, beaucoup de fils de la ville, empochant gros dans le commerce et la politique, ne se soucient pas que la cité soit dans un état de délabrement qui contraste avec l’image qu’on se fait de Jacmel avec l’aura que lui donnent ses femmes et ses hommes d’esprit.La semaine qui vient de s’écouler a vu la Cité perdre une Femme qui a fait pour cette ville plus que tout autre. Plusieurs milliers de jeunes jacméliens, toutes les classes sociales confondues, ont pu bénéficier d’une instruction comparable aux meilleures écoles européennes grâce à elle. Elle n’était pas du pays, mais Française. Elle n’a jamais voulu qu’on cite son nom, qu’on la mette au-devant de la scène. Sa famille n’a peut-être pas trop bien compris sa persévérance à poursuivre un projet à plusieurs milliers de kilomètres des rives de sa patrie. Ici même en Haïti, quelques personnes grinçaient des dents de voir fonctionner sans discrimination une structure aussi performante. Nous voulons parler du Centre Alcibiade Pommayrac de Jacmel.Cette grande école, du jardin d’enfants au secondaire, a formé des générations de Jacméliens et donc d’Haïtiens. L’école, pensée tout d’abord par le professeur Jean Claude, s’est taillée bien vite la réputation d’être l’une des meilleures écoles du pays et même de la Caraïbe. L’environnement physique, l’excellence du Corps professoral, tout avait été conçu pour donner le meilleur à une jeunesse avide de savoir, avide de trouver sa place dans la cité. Le seul problème avait été qu’en raison de l’excellence même du produit, les finissants passant brillamment les bacs nationaux et français, beaucoup se dépêchaient de partir pour l’étranger poursuivre leur étude, certains ne revenant pas, tout ceci à cause d’un État non dévoué à la cause du développement national.La réussite du Collège Alcibiade Pommayrac ne pouvait être possible sans un total soutien financier. Ce soutien a été l’oeuvre d’une seule personne, Véronique Rossillon, issue d’une famille riche française ayant des intérêts dans différents secteurs. Pendant plus de trente ans, elle a, seule, permis le fonctionnement de cette grande école. Son départ vers les terres lointaines de l’au-delà attriste des milliers de citoyens soucieux de l’instruction de notre jeunesse et le National s’incline devant sa dépouille comme il s’inclinera toujours devant la dépouille de celles ou de ceux, nationaux ou étrangers qui ont consentis à mettre une partie de leur avoir dans des projets bénéfiques à la Jeunesse haïtienne.Aujourd’hui, on comprend l’angoisse de centaines de jeunes Jacméliens après la mort de cette grande dame qu’était Madame Véronique Rossillon. Ses ayants droit comprendront-ils la portée de son rêve ? Ceux que ce projet gênait, car les démons ont, parait-il, une peur panique de la lumière, vont-ils profiter pour détourner l’institution de son but premier ?L’avenir du Centre Alcibiade Pommayrac, fleuron de la ville de Jacmel, joyau de notre pays, dépend de tous ceux qui ont conscience de ce que l’institution a apporté à notre jeunesse. À eux de faire front, et de soutenir ce nid de lumière. Et une grande dame ne peut ne pas avoir nourri en son sein de grands esprits capables de porter le flambeau.Les condoléances du National à la ville de Jacmel et longue vie au Centre Alcibiade Pommayrac.Les différents secteurs sociaux devront s’organiser et s’impliquer un peu plus dans un mouvement d’organisation et de restructuration du pays. Pas uniquement en prenant position sur les réseaux sociaux, mais dans l’action sociale génératrice de changement pour un pays rêvé.Pour sauver la République et ses institutions, les acteurs ont besoin de développer un sens exceptionnel du consensus et surtout de justice quand il le faut.C’est moins douloureux de visiter un ami en prison que d’aller se recueillir sur sa tombe.Brûler le siège du Parlement ou exiger que les parlementaires démissionnent en bloc ne permettront pas de rétablir, au plus vite, la confiance.Est-ce que nous sommes dans une république dépravée où seuls les membres du gang auront un jour accès aux dites bonnes écoles ?L’autre raison est encore plus folle.Y a-t-il une catégorie de gens qu’on ne veut pas fréquenter ? Un apartheid qu’on veut signifier, établir ? Un parent d’élèves a osé pointer du doigt les enfants qui arrivent sur taxi-moto. On pourrait aussi indexer les enfants qui viennent dans des voitures qui ne font pas high class. Beaucoup de journalistes du National tomberaient sous les couperets de cette discrimination qui ne se dit pas.Il faut que ces gens, ces fous, qui exigent à ces responsables d’établissements d’augmenter les frais scolaires, soient clairs. Qu’on cesse de se cacher. S’il y a une partie de la population qu’on méprise, qu’on déteste, qu’on veut anéantir, qu’on le dise.Il y a aussi un autre drame. Ceux qu’on méprise, qu’on veut annihiler et qui tiennent malgré tout à ce que leur progéniture fréquente de tels établissements simplement pour dire qu’on est là même si alors l’enfant grandit frustré, avec des complexes qui viendront achever la société.Ceux qui se croient d’une race supérieure dans ce pays, ils doivent être non seulement aveugles, mais fous. Il n’y a rien à montrer pour le prouver sinon qu’une infériorité, une bestialité, une compétence à perpétuer le chaos, la misère, bref le mal même dans leurs propres lieux.Qu’on cesse dans les officines, dans certaines réunions de parents dans les écoles, à étaler une telle maladie mentale.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Éditorial

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, sans inscription.

Rubriques à suivre